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 A la dérive || Nym&Aléa

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Ambre
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Messages : 179
Date d'inscription : 16/10/2017

MessageSujet: A la dérive || Nym&Aléa    Mer 18 Oct - 14:47

A la dérive
Aléa
▿ ⬘ ▴ ◈ ▾ ⬙ ▵

9, dixième lune de l’an 836 |
Il n’était pas toujours facile d’ignorer une ville en fête. Ce fut sans doute la première pensée d’Aléa lorsqu’elle atteint le centre de la capitale. L’effervescence régnait, en ces lieux, peut-être à raison puisque dans deux jours aurait lieu la fête destinée aux Dieux. Une cacophonie régnait sur la place centrale à laquelle la jeune fille était arrivée, et un instant indécise sur sa destination, la rousse releva la tête en quête d’un objectif quelconque. Pourquoi avait-elle décidé de quitter ses camarades, déjà ? Parce qu’elle en avait eu assez de trainer dans le quartier Ouest ? Au départ, cela lui avait semblé une bonne idée ; maintenant, elle était légèrement moins sûre de son choix. On ne se marchait pas encore réellement sur les pieds, mais manifestement, il y avait du monde, probablement parce que chacun voulait avoir tout le nécessaire pour les festivités liées aux divinités.

Pour ce qui la concernait, Aléa ne pensait pas vraiment devoir rapporter quelque chose à sa famille. Cette dernière passait actuellement son temps avec quelques amis, mais ses grands-parents avaient déjà commencé à se préparer pour la fête à Sterenn. Notamment parce qu’ils craignaient qu’il n’y ait beaucoup de foule une fois sur place, et maintenant qu’elle y était, la jeune fille ne pouvait que leur donner raison. Il leur aurait sans doute été plus difficile pour se déplacer, et si elle aurait pu aller faire certaines courses de leur part, ç’aurait probablement été beaucoup attendre et beaucoup courir pour peu de choses. A ce niveau, la jeune fille ne pouvait que bénir leur prévoyance.

En revanche, Aléa ne pouvait nier qu’elle appréciait sa découverte de Lucrézia. D’une certaine manière, celle-ci se faisait en douceur, et la capitale était bien trop vaste pour être découverte en un jour. Mais cela changeait de Sterenn. Clairement. Il n’y avait plus le vent qui soufflait contre ses vêtements dès qu’elle faisait un pas dehors ; elle n’avait plus le ciel bleu aussi ouvert qu’il ne l’était dans sa région d’origine, elle ne voyait pas voler des Airs aussi facilement qu’ils le faisaient en transperçant parfois certains nuages… Et le style était différent. Il y avait du monde, de tout Oranda. Avec une certaine curiosité, Aléa avait vu des Eaux, certains portant encore des vêtements plus lourds et volumineux, mais certainement plus chauds ; elle avait aussi aperçu des Feux, qui s’en allaient fièrement vers le quartier sud, sans accorder un regard à quiconque. Quant à Gorka, elle en avait sûrement croisé, mais c’était surtout à une herboriste du coin qu’elle avait adressé quelques mots. Aléa s’était simplement arrêtée devant son étal en passant devant le Grand Marché, et la jeune femme en face d’elle s’était plu à lui expliquer les plantes qu’elle présentait. La rousse n’avait rien acheté, mais elle avait pris plaisir à écouter la Gorkienne, sans doute plus à cause de la passion qu’elle pouvait lire dans son regard que par tout ce qu’elle lui montrait. Son tour fini, Aléa l’avait quittée avec un certain sourire. Peut-être qu’il y avait beaucoup de monde, mais l’ambiance restait encore plus au moins légère et joyeuse, et la jeune fille ne pouvait qu’espérer que les choses continuent ainsi.

A court de destination, l’Innocente avait commencé à suivre sans trop réfléchir un léger groupe d’adolescents. Il était assez loin devant elle, mais il semblait faire comme elle le tour de la place centrale, et l’un d’eux portait un vêtement rouge assez reconnaissable. Tout en rabaissant sa capuche sur la tête car il commençait à pleuvoir, Aléa avait finalement cessé de regarder les boutiques et décidé de rentrer au quartier Ouest. En tout cas, sans doute valait-il mieux rentrer le temps qu’une éclaircie se fasse. Et peut-être rencontrerait-elle-même à nouveau ses camarades qu’elle avait quitté un peu plus tôt.

Elle avait donc continué sa route en se demandant ce que ses amis ou ses grands-parents avaient pu faire, et ce ne fut qu’au bout d’un moment qu’elle se rendit compte que quelque chose n’allait pas. La rousse avait certes quitté la place centrale et même le centre de Lucrezia, mais elle ne reconnaissait pas les maisons des Airs, auxquelles elle commençait doucement à s’habituer. Fronçant des sourcils, Aléa releva la tête en tâchant de trouver un point de repère quelconque parmi le quartier où elle était. Le groupe qu’elle avait suivi était toujours là… Et une légère inquiétude commença à apparaître au sein de la jeune fille. Etait-il possible que, distraite, elle les ait suivis ? Maintenant, ils prenaient une rue plus loin vers la droite, mais elle n’en avait cure de leur destination finale. Son unique but avait été de rentrer chez les Valior… Et elle ne reconnaissait rien. Même les gens semblaient porter d’autres vêtements que ceux légers de Sterenn, et ce fut à cette pensée qu’Aléa commença à se demander si elle n’avait pas commis un impair monumental.

Elle s’était trompée de quartier ? Sérieusement ?

Un instant incrédule, la jeune fille resta immobile à assimiler l’information, jusqu’à tenter de réagir. Combien de temps avait-elle marché dans le quartier ? Etait-elle entrée profondément dedans ? Et plus important, serait-elle faire le chemin inverse ? Elle ne voyait plus le centre de Lucrezia… Et du reste, elle était restée quelques minutes dans ses pensées sans faire attention où elle allait.

Secouant la tête et ainsi ses mèches rousses, Aléa fit prestement demi-tour. Elle restait sceptique de pouvoir refaire le chemin inverse en un clin d’œil, mais cela valait toujours mieux que de rester plantée là, sous la pluie qui commençait néanmoins à s’atténuer quelque peu.

En théorie. Non seulement la jeune fille comprit rapidement qu’elle était perdue, mais en plus, elle eut la bonne idée de tomber sur une patrouille de quelques gardes qui semblaient faire des contrôles de tatouage… S’arrêtant peut-être de manière trop brusque, elle s’apprêtait à faire demi-tour pour changer d’itinéraire lorsqu’elle eut le malheur de croiser la tête d’un des hommes en faction. Qui, bien sûr, l’interpella.

L’espace d’un court instant, Aléa hésita. Elle avait certes sa capuche qui dissimulait son visage mais le garde verrait directement après coup qu’elle était jeune ; peut-être que si elle lui disait qu’elle n’avait pas encore passé sa Cérémonie, il la croirait… Peut-être. Ou peut-être pas. Mais d’un autre côté, même si elle faisait semblant de ne pas l’avoir entendu, elle connaissait mal le quartier, elle ne l’avait même jamais visité. Il avait donc plus de chance de l’attraper s’il le voulait, et  elle risquait alors de paraître suspecte. A deux jours des festivités, par ailleurs, sans doute serait-il peu clément…

Avec un soupir, Aléa se tourna vers le garde qui de toute façon l’avait appelée une deuxième fois et se rapprochait maintenant d’elle. Elle en profita pour dévoiler son visage en ôtant sa capuche, afin d’ôter d’ores et déjà toute ambigüité entre elle et le garde et vint finalement le regarder droit dans les yeux, dans une attitude un peu fière, guère hostile, mais néanmoins tendue.

Ca ne l’empêcha pas de lui accorder un minuscule sourire tandis que l’homme armé expliquait la raison de sa venue.

- Contrôle de tatouage. Pouvez-vous vous montrer le vôtre ?

Aléa prit sur elle pour ne pas faire une légère moue désappointée, et secoua la tête.

- Je n’ai pas encore passé ma Cérémonie.

Un silence accueillit sa déclaration relativement calme, une simple illusion jetée à la face du garde pour ne pas lui montrer à quel point son intervention la mettait mal à l’aise. Elle n’avait pas l’intention de se fourrer dans les ennuis… Mais la rousse  avait réussi à se mettre dans une situation embarrassante toute seule, et elle faillit sursauter quand le garde reprit la parole à l’intention de ses autres frères d’arme :

- Est-ce qu’il y a des Roux dans Vanui ? Il marqua ensuite une légère pause en la dévisageant avant de reprendre une nouvelle fois. Tu ne serais pas une Feu, par hasard, petite ? Ou une Terre ?

Son ton n’était pas inamical, mais instinctivement, Aléa s’était raidie. Surtout que, bon. Il n’avait même pas su viser juste et supposer qu’elle était originaire de Sterenn…

Mais l’avouer, ç’aurait été reconnaître qu’elle était dans le quartier des Eaux ; ç’aurait été reconnaître aussi qu’elle était en tort et la jeune fille doutait que l’excuse « je n’ai pas fait attention » suffirait de convaincre le garde. D’autant qu’elle appartenait à la famille Valior… Et il n’était peut-être pas bon qu’un membre de la famille de la Dirigeante traine dans un autre quartier que celui qui lui était alloué. Surtout, il n’était pas bon que cela se sache, et Aléa préférait garder le silence sur son identité.

Ce qui la poussa, une nouvelle fois, à secouer la tête, et à activer son imagination pour se tirer d’affaire.

- Je ne suis ni de Sezni ni de Gorka. Je faisais juste un tour pour mes grands-parents. Ils n’étaient pas convaincus qu’il fallait sortir… Alors ils m’ont envoyée faire des courses dans le coin et du coup, je reviens du centre… Un léger mensonge, puisque ses grands-parents ne lui avait demandé quoi que ce soit, mais Aléa n’avait pour l’heure aucun remord de conscience.. Elle ponctua sa phrase d’un sourire poli, mais tendu, et tenta ensuite de s’éclipser dans la rue adjacente à laquelle elle était. Le garde la bloqua néanmoins en lui attrapant l’épaule, sa voix devenant plus dure.

- Non. Tu ne sembles pas avoir les habits de la région. Si tu étais de Vanui, même si Dahud à un climat plus clément, tu n’aurais pas ces habits légers. Et les Innocents du coin savent très bien les règles de Dahud. Ils savent qu’ils ont tout intérêt à rester dans leur propre quartier. Et puis, j’suis quasi sûr qu’il n’a pas de roux dans les rues du quartier Est.

Aléa plissa les lèvres, faillit le fusiller du regard pour son problème avec les roux, puis, son irritation mise à part, chercha désespérément quelque chose ou quelqu’un qui pourrait lui permettre de se tirer de là. Mais si certains passants défilaient, rares à cause de la pluie, ou ils évitaient le regard, ou ils s’empressaient de changer de chemin. Le garde, lui, donnait ses conclusions avec une empathie aussi dure que la pierre, et Aléa sentit son calme petit à petit disparaître.

- Et elles sont où tes courses, ma petite dame ? Moi, je pense que si tu étais sans reproche, tu nous ferais pas d’histoires et que tu nous montrerais ton tatouage.

- Je n’ai pas passé ma Cérémonie ! répéta-t-elle cette fois avec plus de véhémence, laissant transparaître son agacement envers le garde, son irritation de s’être trompée de chemin, mais aussi la panique face au fait qu’il ne la croyait pas. Vous pouvez regarder partout, je n'ai pas de tatouages. Je ne serais pas la première, ni la dernière.

Ce fut peut-être à cause de cette peur qu’Aléa posa ses yeux sur une autre personne qui maintenant venait dans sa direction et celle des gardes. Il était plus que probable qu’elle continuerait son chemin, elle aussi, au détail près qu’une idée quelque peu dangereuse germa dans l’idée de la rousse. Une idée folle, et qui dépendrait de la complicité de la demoiselle qui venait vers eux, puisqu’il lui semblait voir une robe de là où elle était.

Mais l’Innocente ne réfléchit pas et fit un pas vers elle, tout en adressant un regard au garde. A situation désespérée, mesure désespérée.

- Mon amie vous le dira ! et cette fois, son ton s’était mué presqu’en une parole de défi. Je n’ai encore aucun don et je ne passe ma Cérémonie que dans un an. N’est-ce pas ?

Son regard s’était coulé vers ladite demoiselle qui avait désormais les trois regards des gardes attentifs posés sur elle, et Aléa espéra qu’elle entendrait sa supplique silencieuse. Son expression désespérée devait d’ailleurs parler à lui tout seul.

- On devait…

Une excuse. N’importe quelle excuse.

- Se retrouver près du Grand Marché.

C’était une totale improvisation, et Aléa avait bien conscience qu’elle jouait beaucoup avec le feu. Mais elle ne se rendait pas vraiment compte de qui elle avait en face d’elle, à défaut de n’avoir jamais vu la Princesse du Nord. Et elle ne se rendait pas compte non plus du visage du garde, qui devait avoir littéralement changé sur place…
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MessageSujet: Re: A la dérive || Nym&Aléa    Mer 18 Oct - 14:55



A la dérive
Nymeria
⋆ ☽ ⋆ ◯ ⋆ ☾ ⋆
Nymeria avait la tête plongée sous l'eau fraîche de la salle des bains. Ses cheveux flottaient tel un nuage aussi dessus de l'eau, elle n'entendait plus rien, profitait simplement de l'instant. Tel était l'un des premiers pouvoirs d'un être béni par Glore : celui de respirer sous l'eau. Cela faisait bien longtemps que la princesse n'avait pas sortit son visage. Ses grandes yeux bleus étaient ouverts dans le bassin, elle observait le mouvement de l'eau ainsi que les herbes aromatiques qui s'y baladaient. Le monde était devenue calme une fois que sa tête avait plongée. Elle se sentait légère, apaisée. Elle n'avait nullement envie de quitter son havre de paix bien que sa peau était propre depuis un moment. Le silence qui régnait là dessous était divin, Nymeria n'entendait plus rien à par le son de son propre cœur qui battait lentement. La princesse avait le mal du pays, le voyage jusqu'à Lucrezia avait duré 7 jours et même si la princesse entreprenait, seule, des escapades bien plus longues, elle ne s'habituait jamais vraiment au changement de Dahud par rapport à son pays natale. Le froid mordant tous les Vainuiens, qu'importe le jour ou la météo. Ses moufles, ses grosses capes de laines, ses fourrure et autres vêtements lourd lui manquaient. Ici, à Lucrezia, le climat était bien plus clément, plus doux, bien qu'oscillant entre pluie et beau temps. La princesse se sentait souvent mise à nue lorsqu'elle portait ses tenues pour Lucrezia, bien plus légère, toujours un peu couvertes. Les êtres du nord ne craignaient, bien entendu, pas vraiment le froid. Évidemment, il lui arrivait parfois de frissonner à cause d'une brise glaciale, mais jamais ses membres ne devenaient bleus ou ses dents s'entrechoquaient. Le froid était sa demeure. L'écart de température entre son chez elle et ici lui donnait souvent la nausée, elle avait chaud, sans réellement avoir chaud. L'entre deux était désagréable au possible. Elle devait l'avouer : Nymeria n'avait pas envie de se rendre à Dahud cette année, mais elle le devait. Tous les ans, les festivités pour les Dieux étaient organisés aux palais des représentants. La princesse y participait depuis sa tendre enfance, dans l'ombre. En effet, jamais elle ne s'était laissé apercevoir à cette fête. Elle appréciait pourtant de voir les autres s'amuser, mais en prenant de l'âge et de la maturé, elle s'était bien vite rendue compte que ce monde politique était hypocrite. Aucun représentant n'appréciait réellement son homologue. Tout n'était que mensonge et faux sourire, elle n'avait pas envie d'y participer. Nymeria serra les poings, elle poussa un soupire qui créa de légères bulles à la surface de l'eau. Elle leva les yeux vers celle-ci avant de se redresser et laisser ses poumons respirer l'oxygène terrestre. Cette année, bien que l'envie n'y soit pas, la princesse allait participer aux festivités. Elle avait décidé d'entrer dans ce monde qui la dégoûtait afin de peut-être réussir à en bousculer les codes. Il y avait bien des représentants qu'elle désirait connaître. Les présidents de Sterenn et Gorka ainsi, et surtout, Sven Ramose, dictateur de Sezni. Cette homme inspirait bien des émotions auprès de son paternel, le roi Andar Drogon, mais jamais il n'avait soufflé apprécier ce personnage. Odieux, semblait-il dire, mécréant, méchant, manipulateur... Bien des défauts lui étaient imposé. Nymeria voulait se faire son avis sur lui. Elle voulait montrer au monde des représentants qu'elle n'était pas comme son père, qu'elle était prête à casser les codes de la monarchie pour en faire quelque chose de plus moderne. Enfin, encore fallait-il qu'elle réussisse à voir ces représentants. Il y avait aussi les familles représentes, établies à Lucrezia. Nymeria se trouvait actuellement dans le palais des Kunan, ils représentaient le peuple de Vainui. LA princesse ne désirait pas s'infiltrer dans les histoires de Dahud. Elle aimait beaucoup le concept de cette cité nouvelle, mais l'application était moins merveilleuse que la théorie. La ville avait pourtant pour but de réunir les élémentaires, malgré la division de ces derniers. Mais la tension était palpable lorsqu'on se baladait dans le centre de la capitale. Eau, Terre, Air et Feu se dévisageaient avec amertume. Chacun semblait craindre son voisin.

Soupirant de nouveau, Nymeria sortit de son bain, elle se dirigea lentement vers l'un des peignoirs absorbants qui étaient prévu à cet effet. Elle essora ses longs cheveux argentés avant de s'emmitoufler dans le coton moelleux. Combien de temps avait-elle passé dans l'eau ? Elle n'en avait pas la moindre idée. Elle fit mander quelques suivantes afin que celles-ci lui viennent en aide pour s'apprêter. On lui rapporta une jolie tunique bleu faite de coton ainsi qu'un bas blanc en peau de bête : ses bras étaient dévoilés dans leur quasi-totalité, l'habit ne couvrait que ses épaules. « Pourrais-je avoir une cape, munie d'une capuche ? » une domestique au teint foncé s'enquit d'aller chercher le manteau que la princesse désirait. En attendant, on s'occupait de coiffer la chevelure de Nymeria. Une fois prête à partir, la cape qu'elle avait mandée vint se poser sur ses épaules. Elle était simple, faite de soie sauvage, très légère, elle volerait sûrement à chaque brise. « Doit-on demander aux gardes de vous préparer un cheval ? » s'enquit une domestique. « Non – la princesse posa une douce main sur les lèvres de la  demoiselle – ne dîtes à personne que je sors. » elle acquiesça timidement, ses joues étaient rougies par l'émotion se qui fit doucement rire la princesse. Elle ne voulait pas être suivie pour la simple et bonne raison qu'elle devait retrouver quelqu'un. Un jeune homme qu'elle avait déjà entrevu quelques fois, mais toujours entourée de gardes. Elle voulait simplement le convier à la rejoindre, le lendemain du bal des représentants, dans les jardins des palais. Ce jeune homme déclenchait des émotions bien étranges chez elle, tantôt de l'amitié, tantôt quelque chose d'autre. Une idylle impossible, sûrement. Bien qu'elle soit tombée sous le charme de cet homme aux cheveux bouclés, elle savait pertinemment qu'il n'était pas du même milieu qu'elle, et visiblement, il n'était pas béni par Glore.

Traversant discrètement la cour qui reliait les palais, elle les quitta pour s’engouffrer dans les rues du centre de Lucrezia. Celles-ci étaient bondées. Sa capuche était rabattue son sa chevelure d'argent, tant reconnaissable. Nymeria scruta chaque endroit où elle avait eut l'occasion d’apercevoir cet étrange ami. « Kaan...  » murmura-t-elle doucement, s'arrêtant devant une auberge où elle avait bu une choppe avec le jeune homme. Une personne la bouscula sans ménagement, sans excuse et passa son chemin. La princesse suivit l'homme du regard, s'intimant mentalement de ne pas le poursuivre et lui imposer des excuses. Le peuple de Dahud ne savait pas à quoi ressemblait la princesse de Vainui, en règle générale. Bien que ceux qui venaient de son pays la reconnaîtraient sûrement. Elle soupira de nouveau, Kaan n'était pas là, visiblement. Peut-être travaillait-il ou vaquait-il à des occupations qui étaient étrangères à Nymeria. Elle ne le connaissait pas tant, elle devait l'avouer. Rebroussant chemin, bredouille, une idée germa dans son esprit. Bien qu'il ne soit pas béni par Glore, peut-être pourrait-elle le retrouver dans le quartier nord ?

Elle prit, de ce fait, la direction du quartier qui était habité par le peuple du nord. Elle n'y avait pas souvent été. L'architecture était bien différente de celle qu'elle pouvait trouver à Vainui, mais l'ambiance des rues y était presque la même. Elle aimait son peuple de tout son cœur sans pour autant le considérer comme supérieur. Nymeria ne connaissait pas les autres, elle ne voulait pas se baser sur ce qu'elle voyait à Lucrezia parce qu'elle les trouvait tous agressifs et faux. Une fausse bonne entente, se dit-elle, comme quoi, les représentants ne sont pas les seuls à faire semblants.... Ses pas se faisaient entendre contre les pierres qui ornaient le sol à mesure que les rues se vidaient. Elle ôta sa capuche, libérant ainsi ses cheveux tressés. Les gardes au loin semblaient occuper avec une jeune demoiselle à la chevelure flamboyante. Nymeria ne put s'empêcher d'observer les beaux cheveux roux que la jeune fille possédait. Elle s'approchait toujours un peu plus et une fois à la hauteur des hommes et de l'enfant, les choses prirent une tournure que la princesse n'attendait pas. «  Mon amie vous le dira ! Je n'ai encore aucun don et je ne passe ma cérémonie que dans un an. N'est-ce pas ? » Quelque peu surprise, la princesse ne dit mot. Elle observa les gardes qui contrôlaient les tatouages à l'entrée du quartier nord d'un air abasourdi. Etaient-il réellement en train d'embêter une demoiselle si jeune. Celle-ci reprit la parole, Nymeria posa son regard sur elle : la princesse en conclut qu'elle ne l'avait jamais vu. « On devait... » la jolie blonde haussa doucement un sourcil. « Se retrouver près du Grand Marché.  »

La princesse lança un regard noir aux gardes, réalisant alors que Kaan n'aurait jamais pu passer s'il n'était pas béni par Glore, de ce fait, il était impossible qu'il se trouve dans le quartier nord de Lucrezia. Posant une main délicate sur la tête de l'enfant, bien qu'elle ne la dominait pas de beaucoup de centimètre, elle lui sourit. « En effet. Excuse moi, je me égarée. » la princesse croisa les bras sur sa poitrine, lança un regard hautain aux gardes. Ceux là se plièrent devant elle, lui offrant une révérence maladroite. « Princesse...» « Messieurs. - coupa-t-elle, rapidement- Cette jeune fille est une innocente. Ne le voyez-vous pas ? » « Elle... elle dit venir de... » « Laissez moi passer.  » Nymeria tendit sa main à la demoiselle lui intimant de l'attraper. Une fois que cela fut fait, elle s'engagea au travers des gardes, leur lança un regard de défi « Voulez-vous voir mon tatouage?  » elle était d'assez mauvaise humeur, tant par rapport à l'attitude de ces hommes de Vainui que parce qu'elle n'avait pas réussit à trouver Kaan. Une fois que la demoiselle fut suffisamment éloignée des gardes, la princesse se posa sur un banc qui se trouvait là et lui lança un doux sourire « Enchanté jeune fille, je suis Nymeria Drogon. Et toi ? »
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MessageSujet: Re: A la dérive || Nym&Aléa    Mer 18 Oct - 14:56

A la dérive
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Quand on abordait quelqu’un en faisant semblant d’être son ami, deux solutions s’offraient logiquement à vous. Ou la personne en question cassait directement tous vos espoirs et se réfractait pour passer au plus vite son chemin, ou celle-ci avait une once d’empathie et se permettait de jouer le jeu à vos côtés. Dans le cas d’Aléa, la jeune fille ne savait absolument pas ce que son improvisation allait donner : elle s’était juste adressée à une femme, qui aurait très bien pu être sa sœur ainée.

Une femme qui, elle s’en rendait bien compte, ne s’était pas attendue à ce qu’elle soit concernée par son altercation avec les gardes. Sur ce point, la rousse ne pouvait lui en vouloir. Si elle n’avait pas été autant sur la défensive avec les hommes armés, elle aurait peut-être cherché une autre option pour les convaincre ; pour l’heure, le mal était faite et Aléa était désolée de l’embarquer dans ses ennuis. Pourtant, la blonde devant elle – magnifique, en un sens, par ses cheveux argentés – semblait calme, ne disant un mot, mais attendant la suite de ses paroles. Une attitude vis-à-vis de laquelle Aléa ignorait si elle pouvait en espérer quelque chose, mais elle n’avait de toute façon rien à perdre, maintenant qu’elle s’était lancée.

Aussi mentit-elle une dernière fois en faisant semblant qu’elles devaient se retrouver sur le Grand Marché. Le souffle court, surtout le cœur battant à la chamade face à la situation dans laquelle elle s’était mise, Aléa laissa le silence reprendre ses droits tandis que la femme aux cheveux argentés jetait un regard noir aux gardes. Contrairement à la rousse, qui leur avait juste jeté de la poudre aux yeux en montrant une fausse assurance, la blonde ne semblait pas avoir peur d’eux le moins du monde, et elle vint finalement mettre doucement sa main sur la tête de la jeune fille avec un léger sourire.

« En effet. Excuse moi, je me suis égarée. »

Aléa sentit une vague de soulagement la parcourir. La jeune femme semblait avoir décidé de l’aider, et elle lui en était reconnaissante. Si elle avait simplement nié qu’elle la connaissait… Eh bien, l’Innocente ne savait pas comment elle se serait sortie d’affaire.

Peut-être en leur révélant son nom. C’aurait pu leur faire les pieds qu’elle soit la « nièce » d’Elwyn Valior… Mais elle préférait honnêtement éviter.

Elle lui envoya donc un regard où elle lui dit silencieusement merci, mais son ainée se concentrait déjà sur les gardes, en croisant les bras et en leur lançant un regard qui voulait en dire long. Ce fut à partir de ce moment où Aléa perdit pied. Qu’elle n’eut pas peur des gardes, elle pouvait le concevoir : peut-être faisait-elle partie d’une importante famille à Vainui… Mais que les hommes fassent une révérence, même maladroite à la blonde devant elle ? Non, cela, elle ne s’y attendait pas. Perplexe, ce fut bien parce qu’ils étaient inclinés qu’ils n’aperçurent pas sa surprise ni son incompréhension ; en revanche, Nymeria put sans doute l’apercevoir, même si elle reprenait déjà la parole d’une voix sans appel.

Déjà interdite, Aléa écarquilla un peu plus les yeux lorsque les gardes révélèrent sans le savoir le titre de la demoiselle à ses côtés. Princesse ? Ils étaient sérieux, vraiment sérieux ? A voir leur attitude, il n’y avait pas l’ombre d’un doute quant à l’identité de la jeune femme, mais Aléa avait presque l’impression de nager dans le ridicule. La princesse, pour sa part, ne semblait faire ni une ni deux, et prit royalement sa défense puisqu’elle ordonna de la laisser passer dans un ordre qui ne souffrait d’aucune contradiction.

Ce fut là que la jeune femme lui tendit la main en l’intimant de l’attraper. Salut inespéré pour elle, Aléa n’eut pas à se faire deux fois et évita soigneusement le regard des gardes. Ceux-ci devaient suffisamment être désappointés ou renfrognés pour être vraiment de bonne humeur… Et il y avait de quoi, compte tenu le statut de la Princesse.

Aléa ne chercha d’ailleurs pas vraiment à rompre le silence qui s’était installé. La blonde avait bien remis les hommes à leur place, et elle lui avait clairement sauvé la mise. Maintenant, comment la rousse devait réagir ? Dire merci, bien sûr, allait de soi. Après. Quand elles seraient en sécurité, même si l’Eau ne devait pas craindre grand-chose dans son quartier « natal ».

Et puis… ?

Fixant sans rien dire la chevelure blonde de la Princesse, ne lâchant aucunement sa main comme si celle-ci risquait au sinon de disparaître, Aléa la fixait sans mot dire. Connaissait-elle vraiment quelque chose de la région de Vainui ? A l’école, on leur apprenait évidemment à connaître les différentes d’Oranda. On leur décrivait le climat chaud et sec de Sezni, les forêts et le système de Gorka, ainsi que le temps généralement froid et glacial de Vainui. Mais ceci était la théorie. Pas la pratique. Il devait y avoir un monde de différences… Et parmi tout ce à quoi elle pouvait s’attendre, Aléa n’avait imaginé être un jour sauvée par la Princesse de la région de l’Eau. Cela ouvrait de nouvelles questions, fermait certaines portes aussi. Et cela laissait entrevoir de nouvelles perspectives, comme peut-être un certain respect pour cette femme dont elle avait simplment entendu le nom à plusieurs reprises. Comment était leur monarchie, d’ailleurs, par rapport à la démocratie de Sterenn ? Est-ce qu’elle était aimée de son peuple ? Elle aidait autant les gens, comme ça, comme elle l’avait fait ? Et qu’est-ce qu’elle faisait ici, dehors, sans gardes, alors que dans quelques jours allait avoir lieu le bal des représentants ?

Plus le temps passait, plus la jeune fille avait envie d’en savoir plus – sur cette jeune femme qu’elle ne connaissait pas, sur ce qu’elle aurait à apprendre d’elle, et peut-être sur ce qui était vrai par rapport à tout ce qu’on leur avait inculqué dans les livres. Quel était son monde, ses joies, ses envies ? Pouvait-elle se permettre certaines choses ou son statut l’empêchait à l’inverse de satisfaire certains désirs ? Et quel était son vrai caractère, celui qu’on ne lui balancerait pas d’une voix monocorde comme si c’était la vérité même ?

Oui, Aléa était curieuse, trop peut-être. Mais elle n’osa pas prendre la parole la première, et elle attendit que la Princesse s’arrête pour s’installer sur un banc avant de penser à dire quoi que ce soit. Si la blonde s’assit, néanmoins, la rousse resta debout respectueusement devant elle. A hésiter sur ce qu’elle devait dire ou ce qu’elle devait faire. Finalement, ce fut plus son sourire qui la rassura et qui la mit un peu plus à l’aise.

« Enchanté jeune fille, je suis Nymeria Drogon. Et toi ? »

- Aléa… Aléa Valior.

L’Innocente ne savait pas si son nom lui parlerait vraiment ; sans doute puisqu’elle devait au moins connaître l’identité des Dirigeants. Nymeria risquait à juste titre de lui demander ce qu’elle faisait ici, pourtant, ce ne fut pas vraiment sur ce point que la rousse embraya directement.

- Princesse, je… Je suis désolée de vous avoir embarquée là-dedans, fit la jeune fille, peut-être de manière abrupte, mais aussi de manière assez timide. Ce n’était pas le but et d’habitude, j’essaie de m’en sortir toute seule, mais les gardes m’ont paniquée et… Je n’ai pas réfléchi ?

Aléa secoua légèrement la tête face à son discours sorti quasiment d’une traite et se ressaisit.

- Du coup, je suis désolée de vous avoir mis un peu dans les ennuis, les gardes me faisaient…

« Chier » ? Est-ce qu’on pouvait dire « chier » à une Princesse ? Teb aurait été très fier d’elle pour son langage peu évolué, mais elle avait reçu une bonne éducation quand même. Aussi se ratrappa-t-elle de justesse, mais elle ne cacha pas non plus ce qu’elle avait voulu dire à la fille d’Andar Drogon, au moins dans le ton qu’elle utilisa dans sa voix en elle-même.

- Me faisaient royalement tourner en bourrique… ? Mais vous avez été royale aussi, conclut-elle d’une voix rapide, avant de se donner mentalement une gifle.

Elle arrivait à s’enfoncer toute seule, c’était juste merveilleux. A défaut, elle offrit un regard dépité à Nymeria. Qui voulait peut-être autant dire « pardon » que « sauvez-moi ».

Elle laissa donc le silence reprendre un instant ses droits, tandis qu’elle se tortillait légèrement les mains à cause de la situation quelque peu cocasse dans laquelle elle était, puis seulement reprit la parole. D’une voix cette fois d’une voix plus sincère et posée, tandis qu’un sourire franc bien que léger venait parcourir son visage.

- En tout cas, merci.

C’était la moindre des choses qu’elle pouvait lui dire et la jeune fille laissa la Princesse réagir si elle le voulait avant de reprendre la parole une dernière fois, de nouveau après un petit temps de silence. Cette fois, néanmoins, Aléa ne chercha plus réellement à cacher sa curiosité sur son visage, une curiosité non feinte, mais aussi naïve et innocente.

- Excusez-moi, cela va peut-être vous paraître bête. Mais… Aléa chercha un moment comment s’exprimer, avant de finalement laisser tomber. Est-ce que vous pouvez sortir comme ça ? Je croyais que…

Que quoi ? Que la monarchie était enfermée dans une tour d’ivoire ? Qu’elle ne sortait jamais à la rencontre du peuple ? Etait-ce vraiment ça finalement ?

- Que je ne sais pas. Que vous ne pouviez pas réellement sortir. Parfois, ce qu'on nous apprend et ce qu'on nous dit ne me semble pas toujours des plus véridiques... concéda-t-elle, avec un sourire mi-désolé, mi-intimidé en même temps.

Pourtant, Nymeria avait déjà fait beaucoup de chemin contre sa nature réservée. La manière dont elle avait agi, en tout cas, changeait déjà beaucoup de choses, au regard d'Aléa.


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MessageSujet: Re: A la dérive || Nym&Aléa    Mer 18 Oct - 14:57



A la dérive
Nymeria
⋆ ☽ ⋆ ◯ ⋆ ☾ ⋆

La jeune fille que Nymeria avait plus ou moins sauvée des gardes qui bordaient l'entrée du quartier nord semblait tombée des nues lorsque ces derniers firent une révérence devant la princesse. Elle ne put s'empêcher de sourire, cette situation était cocasse et la faisait doucement rire. Il était vrai qu'à Dahud, peu de personnes pouvaient reconnaître la princesse et cette demoiselle ne faisait visiblement pas partie du peuple béni par Glore. De toute évidence, elle n'était bénie par personne, étant encore jeune et n'ayant pas passée sa cérémonie, mais la jeune femme était bien curieuse de savoir ce que cette jolie rousse voulait faire dans le quartier nord de Dahud. Elles passèrent sans encombre les gardes qui se contorsionnaient pour donner à la monarque une révérence peu réussie. Tenant la main de cette enfant fébrile et fragilité par les derniers événements, Nymeria pénétra dans le quartier nord et la tira jusqu'à un banc où elle prit place. La douceur se lisait sur le visage de la princesse, finalement, son agacement dû à la recherche peu fructueuse de Kaan était passé, elle n'avait d'yeux que pour cette belle personne aux cheveux roux. La princesse n'avait cure du protocole, cela était connu de tous, cependant, elle se présenta tout de même, invitant son interlocutrice à faire de même. Elle l'encouragea avec un sourire bienveillant. « Aléa... Aléa Valior. » Nymeria haussa doucement un sourcil, cette enfant faisait parti de la famille dirigeante de Sterenn ? L'enfant d'Elwyn ? Elle secoua la tête, ayant entendu quelque part que la présidente gardait sa nièce à ses côtés. Sans doute était-elle là, la nièce en question. Il est vrai qu'après avoir observé les détails de son visage, Nymeria put y retrouver quelques similitudes avec celui de la dirigeante. Toutes deux étaient resplendissantes de beauté, un visage doux et harmonieux. Pour la présidente, ce visage doux cachait pourtant une autorité redoutable. La jeune femme n'avait pas vraiment eut l'occasion de conversé avec la présidente, mais elle espérait pouvoir le faire bientôt, peut-être lors du bal des représentants qui se tiendrait dans quelques jours.

« Princesse, je... je suis désolée de vous avoir embarquée là -dedans. Ce n'était pas le but et d'habitude, j'essaie de m'en sortir toute seule, mais les gardes m'ont paniquée et je n'ai pas réfléchi ? Du coup, je suis désolée de vous avoir mis un peu dans les ennuis, les gardes me faisait... me faisaient royalement tourner en bourrique. Mais vous avez été royale aussi. » La princesse laissa échapper un petit rire cristallin en comprenant la première intention de l'enfant et face à sa timidité qui se voulait maladive. Pourtant, Nymeria tentait d'afficher un air compatissant, bien loin d'être dans le jugement, elle était altruiste et bienveillante envers ceux qui demandait son aide. Mais Aléa ne le savait sans doute pas encore. Elle n'avait rien à craindre de Nymeria, au contraire. Elle se rendit compte que, malgré elle, elle appréciait déjà beaucoup cette jolie enfant dont les traits trahissaient son âge à cet instant. Devant les gardes, elle semblait plus âgée, mais ayant perdu tout assurance au moment où la princesse avait dévoilé son identité, elle pu constaté qu'en effet, c'était bien une innocente. Ses joues étaient rougies par la gêne, peut-être était-elle un peu honteuse de ne peux pouvoir utiliser un vocabulaire digne d'une monarque. Sans doute avait-elle l'image de la princesse recluse dans son château, parlant tout en faisant des rimes à chaque phrase, étant pomponné toutes les demi heure... Nymeria était bien loin de ce conte là. « En tout cas merci. »

Un silence s'installa un instant alors que la princesse se perdait dans ses pensées tout en observant l'enfant, un léger sourire habillait toujours son visage aussi blanc que la neige. Ses cheveux volaient au gré de la brise et de la bruit qui ruisselait doucement sur son visage. Il était agréable pour une enfant de Glöre d'ainsi sentir l'eau contre sa peau, tel était son élément, sa maison. Cependant, Aléa ne devait pas trouver cela aussi plaisant, elle se promit de trouver un abri rapidement pour cette jeune fille qui brisa finalement le silence. « Excusez-moi, cela va peut-être vous paraître bête. Mais... Est-ce que vous pouvez sortir comme ça ? Je croyais que... que je ne sais pas. Que vous ne pouviez pas sortir . Parfois, ce qu'on nous et ce qu'on nous dit ne me semble pas toujours des plus véridiques. » Une bourrasque de vent se fit sentir, la pluie redoublait de puissance. La princesse décida qu'il était alors temps de trouver un endroit au sec pour continuer cette discussion, elle se leva, intimant silencieusement à Aléa de la suivre et prit la direction d'une petite auberge qu'elle savait chaleureuse et accueillante. « En théorie -reprit-elle, je peux sortir à ma guise, mais accompagnée par maintes et maintes gardes. » elle leva les yeux au ciel, montrant sciemment son agacement à la jeune fille vis à vis de cela. « Le protocole est... disons encombrant. » Elles arrivèrent déjà devant la porte de l'auberge que la princesse poussa, elle invita Aléa à s’asseoir, une dame, travaillant à cet endroit vint prendre leur commande, saluant poliment la princesse et son accompagnatrice. « Quelque chose de chaud et sans alcool pour mademoiselle, une coupe d'hydromel pour moi je vous pris. » « Tout de suite Princesse. » la serveuse s'enquit de leur requette et Nymeria reprit ses explications. « Je me suis éclipsée du palais des représentants discrètement, les mûrs dans lesquels logent les Kunan m’oppressent quelque peu... Mais je ne suis pas censée faire cela, bien entendu. » elle passa doucement une main dans ses cheveux, reposant son regard sur la jeune fille. « Ferais-tu parti de la famille d'Elwyn Valior? Pourquoi voulais-tu entrer dans le quartier nord si tel est le cas ? » Puis elle ajouta d'une voix enjouée. « Ne crois pas tout ce que les éducateurs te racontent. Protocole ou non, une princesse fait ce qu'elle veut. »

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MessageSujet: Re: A la dérive || Nym&Aléa    Mer 18 Oct - 14:57

A la dérive
Aléa
▿ ⬘ ▴ ◈ ▾ ⬙ ▵


On racontait généralement beaucoup de choses sur les Dirigeants et sur leurs familles. Sven Ramose était par exemple souvent réduit à l’étiquette de Dictateur, cela avec toutes les folles rumeurs qui allaient avec. Certaines étaient crédibles, d’autres non, certaines encore étaient à vérifier, d’autres semblaient véridiques. Pour Nymeria… On lui avait déjà vanté sa beauté, notamment par sa belle chevelure blonde. Et de ce qu’Aléa avait également entendu, il semblait que la Princesse était fort concentrée sur son peuple. En tout cas, elle était disponible, paraissait-il, ou tout du moins à son écoute. Mais de tout ce qu’on lui avait raconté, la rousse découvrait avec un certain plaisir que la jeune femme paraissait simple. Dans sa façon d’être. Dans sa façon de vivre. Sans s’enfermer visiblement derrière son titre qui aurait pu lui octroyer bien des avantages ; à commencer par les gardes, ce dont Aléa n’était pas forcément mécontente. Mais même à présent qu’elle était seule avec elle, Nymeria semblait délaisser tous ses droits possibles pour parler avec elle sans faire allusion à l’incident, et la rousse ne put s’empêcher ce côté de la Nordienne. Elle était simple, certes, mais elle en faisait plutôt une force, et si elle était constamment comme cela avec son peuple, l’Innocente pouvait comprendre pourquoi celui-ci avait tendance à tant apprécier sa future souveraine.

Evidemment, elle lui demanda son nom, ce qui ne lui posa aucun problème, et même lorsque la jeune femme haussa légèrement un sourcil face à son identité, Aléa soutint son regard presque tranquillement. L’Innocente savait que les Valior plus que quiconque n’avaient pas de raison d’être dans le quartier Nord. Pour autant, elle ne craignait pas tellement l’avis de la Princesse, au vu de ce qu’elle avait fait précédemment. Des questions, Nymeria en aurait sûrement, et ce serait légitime. La rousse était quand même la nièce d’Elwyn, celle-là même qu’elle verrait au bal des représentants dans quelques jours. En un sens, ce n’était pas rien, au détail près qu’Aléa avait moins de responsabilités que Nymeria. Celle-ci était la fille d’Andar et devait hériter de son royaume. La rousse, elle, vivait cachée, au moins pour ce qui concernait son identité. Et à l’inverse de la blonde, la jeune fille n’hériterait pas non plus, quoi qu’il arrive, du titre de sa mère, sauf si un jour elle se lançait d’elle-même dans la politique. Elle n’était pas tellement sûre que cela arriverait très vite, et ai total cela faisait quand même quelques différences avec la Princesse du Nord. Elles étaient toutes deux filles de deux Dirigeants, mais dans un contexte totalement différent.

Quoi qu’il en soit, la Princesse laissa échapper un rire cristallin face à ses dernières paroles, et Aléa lui adressa un regard mi-surpris, mi-curieux à la fois. Elle ne s’était pas attendue à une telle réaction, et cela restait quand même agréable à voir. Surtout, cela restait agréable de découvrir cette personne loin des contes et loin des fables qu’on pouvait tenir sur elle. Aurait-elle seulement imaginé que Nymeria Drogon pouvait agir comme cela quelques heures plus tôt ? Non, sans doute pas. Et c’était une découverte qu’Aléa ne regrettait pas.

La jeune femme ne répondit pas directement, semblant profiter de la pluie ambiante. Elle ne semblait pas affecter par l’eau qui tombait, et Aléa se demanda un instant quels pouvaient être les autres avantages des enfants bénis par Glore. Sans doute que la blonde profitait simplement, et Aléa laissa planer un temps de silence avant de poser ses questions. Remettant sa capuche dans un même geste, face à la pluie qui semblait redoubler d’intensité, puis suivant du regard Nymeria qui se levait, avant de la rattraper d’un mouvement vif.

« En théorie répondit-elle, je peux sortir à ma guise, mais accompagnée par maintes et maintes gardes. » Un léger sourire apparut sur les lèvres d’Aléa face à l’exaspération que la Princesse ne cachait pas. Cela pouvait se comprendre… Et d’un autre côté, la jeune femme ne pouvait sans doute contrer son père en lui demandant de partir seule dans les rues alors que personne ne savait ce qu’elle allait croiser en chemin. « Le protocole est... disons encombrant. »

Plus qu’on ne pouvait le croire. Aléa n’avait pas à le subir, par contre, sa mère, si. Entre les visiteurs qu’elle devait parfois recevoir et toutes ses activités de Dirigeante, il lui était déjà arrivé de pester légèrement – ou au moins de faire la moue – face à toutes ces choses qui lui enlevaient parfois assez souvent sa génitrice. Mais celle-ci ne pouvait non plus s’y soustraire, et la rousse, quoique de temps à autres déçue ou légèrement frustrée, le comprenait tout à fait.

Elles arrivèrent finalement à une auberge qu’elle ne connaissait pas, mais la jeune fille apprécia directement la chaleur qui émanait de la taverne. Il était plus agréable pour elle de n’être plus sous la pluie, et elle laissa Nymeria prendre à la fois commande pour elle et pour la rousse. Elle salua d’ailleurs mentalement la boisson chaude qui, sans doute, lui ferait facilement du bien.

Ceci fait, la rousse écouta non sans une certaine curiosité les explications de la Princesse, et elle ne cacha pas la lueur d’amusement qui apparut dans ses yeux lorsqu’elle lui annonça qu’elle s’était éclipsée du palais des représentants. « Entre être coincée dans une pièce à quatre murs, fut-ce un palais, et sortir dans Dahud, mon choix serait rapidement fait, » sourit la jeune fille. « Et vous avez le droit de sortir quand même, rajouta-t-elle en faisant une légère moue face aux éventuels récalcitrants qui devaient vouloir la retenir au palais des représentants. « Vous pouvez toujours dire que c’est pour votre instruction personnelle ! » rajouta-t-elle avec un peu plus d’aplomb, quittant petit à petit sa réserve pour passer à un côté plus franc et peut-être, aussi un peu plus familier. Et que ce n’est pas votre faute si vous vous ennuyez au palais comme un rat mort.

Enfin, s’ennuyer au palais. Peut-être que la vie y était à l’inverse palpitante, mais d’un autre côté, avoir une activité continue autour de soi pouvait s’avérer lourd, si pas agaçant.

Quoi qu’il en soit, la jeune blonde embraya sur une question logique, vis-à-vis de laquelle Aléa s’attendait un minimum. « Ferais-tu partie de la famille d'Elwyn Valior? Pourquoi voulais-tu entrer dans le quartier nord si tel est le cas ? » Puis elle ajouta d'une voix enjouée. « Ne crois pas tout ce que les éducateurs te racontent. Protocole ou non, une princesse fait ce qu'elle veut. »

Aléa sourit et ouvrit la bouche pour répondre, avant de s’interrompre à l’arrivée d’une des serveuses. Elle déposa la coupe d’hydromel devant Nymeria avant de donner un chocolat chaud à l’Innocente, puis s’éloigna non sans avoir fait une brève révérence à la jeune femme.

- Je fais bien partie de la famille d’Elwyn, acquiesça-t-elle une fois la dame partie. Mais je ne pensais pas de prime abord aller dans le quartier nord, ajouta-t-elle en faisant une légère grimace. Je faisais simplement un tour dans le centre de Lucrezia, expliqua-t-elle tout en prenant une gorgée de son chocolat chaud. Puis, je n’ai plus fait attention, j’ai suivi un groupe et je suis tombée sur les gardes…

La jeune fille ne put s’empêcher d’apprécier le liquide chaud qui parcourait sa gorge, et elle déposa son verre tout en reprenant la parole, d’une voix assez honnête.

- Je ne sais pas ce que dirait ma tante si elle me savait ici. Je crois qu’elle ferait une drôle de tête si je lui disais que j’ai été dans un coin interdit, en plus de vous avoir rencontrée et d’avoir fait semblant d’être votre amie devant des gardes. avoua-t-elle avec un demi-sourire. Presque qu’autant que quand j’ai mis du piment dans le verre d’Eléan Danvan alors qu’une fois il ne la laissait pas tranquille.

Elle était franche, peut-être trop, mais elle n’avait jamais envisagé qu’elle pourrait rencontrer la Princesse du Nord. Et d’ailleurs, future souveraine ou non, c’était quand même le côté amical et ouvert de Nymeria qui commençait à gagner la partie, car elle reprit la parole tout en saisissant à nouveau son verre en main, une lueur de curiosité apparaissant sur son visage.

- Comment est Vainui ? Vous pensez venir un jour à Sterenn ? C'est vrai que vous avez des maisons qui sont sur l'eau ? Son front se plissa un instant, tandis que des traits plus juvéniles et enfantins apparaissaient. Vous avez pas peur que vos maisons coulent ?

Si Aléa était de fait d’un tempérament calme, il fallait le dire aussi, elle était très curieuse. Elle se serait donné à cœur joie de visiter les autres régions d’Oranda, d’ailleurs. Même si elle se demandait aussi quel changement se serait que d’affronter le froid ambiant de Vainui.

Dans tous les cas, elle reprit une gorgée de sa boisson, et ce fut au moment qu’elle la déposait que son verre lui échappa royalement des mains. Sans avoir le temps de rien faire, elle vit avec une certaine consternation son chocolat se renverser en plein l’habit de Nymeria, et la surprise qu’on pouvait percevoir sur son visage laissa vite place à l’envie de s’enterrer.

Elle pouvait disparaître, là, ou il y avait un moyen de devenir invisible et de ne plus jamais se faire voir par la Princesse ?

A défaut, Aléa ouvrit la bouche sans trop savoir quoi dire tandis qu’elle laissait un peu trop le silence s’installer à son goût.

- … Je, je… Son ton avait clairement perdu son assurance tandis qu’elle reprenait. Je suis désolée ?

Il fallait croire que si Nymeria était destinée à être la Reine du Nord, elle était pour sa part destinée à être la Reine des maladresses. Au moins pour aujourd’hui, en tout cas, et ses yeux criaient sans doute qu’elle ne savait pas tellement quoi faire à la Princesse qui avait une belle tache sur l’habit qu’elle portait.



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MessageSujet: Re: A la dérive || Nym&Aléa    Mer 18 Oct - 14:57



A la dérive
Nymeria
⋆ ☽ ⋆ ◯ ⋆ ☾ ⋆


La présence de cette jeune fille à ses côtés réchauffait le cœur de la douce princesse, elle prenait plaisir à ainsi discuter avec cette inconnue issue tout comme elle, d'une famille représentante. Il n'était pas évident pour les innocentes de trouver leur place dans ce monde de grand, Nymeria se souvenait bien de l'anxiété qui l'avait habité alors qu'elle n'avait pas encore passé sa cérémonie. Elle avait peur de ce qui risquait de lui arriver si elle n'était pas bénie par Glore. Etait-ce de même pour Aléa ? Nièce d'Elwyn Valior, présidente de Sterenn. Craignait-elle de n'être point bénie par son dieu ? Leur discussion fut interrompue par l'arrivée des boissons commandées par la princesse, la serveuse déposa calmement les coupes sur la table, Nymeria lui glissa quelques pièces d'or en guise de payement, sûrement bien plus que ce qu'elle ne lui devait. D'un regard entendu, elle la fit repartir et reposa son attention sur l'innocente en face d'elle. Celle-ci semblait apprécier la boisson chaude qu'elle lui avait commandée. « Je fais bien partie de la famille d'Elwyn Valior, mais je ne pensais pas de prime abord aller dans le quartier nord » expliqua-t-elle doucement en se délectant du liquide chaud. La princesse but doucement sa coupe d'hydromel, celui-ci n'était pas aussi exquis que ceux qu'elle buvait habituellement, mais elle s'en contenta aisément. « Je faisais simplement un tour dans le centre de Lucrezia. Puis je n'ai plus fait attention, j'ai suivi un groupe et suis tombée sur les gardes... Je ne sais pas ce que dirait ma tante si elle me savait ici. Je crois qu'elle ferait une drôle de tête si je lui disais que j'avais été dans un coin interdit, en plus de vous avoir rencontré et d'avoir fait semblant d'être votre amie devant les gardes. » « Sans doute n'en serait-elle pas ravie en effet – acquiessa la princesse, un léger sourire aux lèvres – mais elle peut se rassurer dans le sens où tu es avec moi. Et que je ne laisserait personne te toucher. » le ton employé était plus que sérieux. Nymeria n'aimait pas cet endroit, elle ressentait trop bien les tensions qui s'y étaient installés malgré la paix environnante. « Presque autant que quand j'ai mis du piment dans le verre d'Elean Danvan alors qu'une fois il ne la laissait pas tranquille. » Nymeria ne put empêcher un petit rire de s'échapper. Cette demoiselle était honnête, le nom innocente prenait tout son sens lorsqu'on la regardait. Une âme d'enfant, confrontée à bien des choses elle aussi, la princesse n'en doutait pas un seul instant. La personnalité naissante de cette femme en devenir plaisait énormément à Nymeria qui s'y retrouvait quelque peu.

« Comment est Vainui ? » reprit-elle quasi immédiatement, ne laissant pas le temps au silence de s'installer. « Vous pensez un jour venir à Sterenn ? C'est vrai que vous avez des maisons qui sont sur l'eau ? Vous avez pas peur que vos maisons coulent ? » Cette fois-ci, Nymeria rit de bon cœur, sans aucune pointe de moquerie. Elle reprit son sérieux, un sourire toujours dessiné sur ses lèvres fines. «J'aimerais beaucoup voir Sterenn de mes propres yeux, avoua-t-elle, mais je suis, comme tout le monde, contrainte par les lois d'Oranda, je n'ai pas le droit de passer les frontières, malheureusement... » on lui avait conté bien des choses sur cette région. Les personnes dotées du pouvoir de l'air pouvait voler, parait-il. La princesse n'avait pas tant eut le vertige lorsqu'elle avait passé sa cérémonie, elle se demandait bien qu'elle effet cela pouvait faire de ne plus toucher le sol et s'élever dans l'air comme un oiseau, aussi libre et léger qu'une feuille tombant de son arbre. « Vainui c'est... froid. » dit-elle simplement avant de continuer. « C'est magnifique, c'est différent d'ici. A Vainui, nous sommes tous très croyant et, unis par cette croyance, les êtres bénis par Glore ont beaucoup de respect les uns pour les autres. Nous avons bien des maisons sur l'eau, elles sont construites sur pilotis, j'imagine que certaines ont dû s'écrouler... Mais l'eau est notre berceau, alors qu'importe si elles coulent finalement. »

Perdue sans doute dans ses pensées, la jolie innocente de fit pas bien attention à ses actions, le récipient qui contenait le liquide chaud qu'elle sirotait peu avant, lui échappa des mains. Nymeria observa la chute du chocolat chaud jusqu'à sa tunique de coton bleu et son bas en peau de bête blanc. Elle fronça les sourcils et serra les dents alors que la chaleur se rependait sur elle, principalement les cuisses. Sa cuisse droite, sa cicatrice, ne fut pas épargnée. La princesse ne broncha pas, se doutant bien de l'état dans lequel Aléa devait se trouver : un malaise extrême. Cela était un simple accident mais la belle rousse se confondait en excuse, le rouge lui était monté aux joues alors qu'à contrario, Nymeria était plus pâle que jamais. « Ne t'en fais pas, murmura-t-elle d'un ton rassurant, ce n'est pas grave. » Elle s’éclaircir quelque peu la gorge avant de mander n'importe qui de lui apporter de quoi essuyer ou éponger le surplus de liquide qui avait coulé sur elle. Une fois qu'elle fut débarrassée du liquide brûlant sur elle, la princesse se sentit un peu mieux. Elle posa de nouveau son regard sur Aléa avant d'attraper son verre d'hydromel et de le terminer d'une traite. Elle le reposa doucement sur la table, un sourire malicieux s'était dessiné. « Que dirais-tu de continuer ces explorations interdites ? » Nymeria jeta un œil à sa tenue qui était tâchée à bien des endroits. « Je ne peux me permettre de continuer cette balade ainsi vêtue. Mais nous pouvons faire une escale au palais des Kunan, si tu le veux. » Nymeria fut quelque peu irritée par sa propre attitude, elle venait de convier une innocente, nièce de la présidente de Sterenn a pénétrer le palais des Kunan. Rien de tout cela ne lui appartenait, ni à sa famille. Bien que la famille représentante et les Drogon soient proches depuis longtemps. Nymeria faisait partie de la branche principale de cette famille dont les têtes étaient toutes promises à un grand destin, les Kunan étaient la branche secondaire, mais il y avait aussi les Bruhus. Tant de dirigeants, tant de conflits... la princesse soupira.

Se levant finalement, sans réellement attendre la réponse d'Aléa, elle intima à celle-ci de la suivre, toujours apposant à son visage ce sourire rassurant. Elle ne lui en voulait pas. En quittant l'auberge, elle finit par poser une main délicate sur les cheveux de l'enfant « Je ne t'en veux pas, Aléa. Arrête donc te de confondre en excuse. » puis elle remonta la capuche de celle-ci pour protéger cette magnifique chevelure de la pluie qui n'avait toujours pas cessée. « Que dirais-tu d'un bon bain chaud ? » lanca-t-elle tout en quittant le quartier nord pour se rendre aux palais des représentants.



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MessageSujet: Re: A la dérive || Nym&Aléa    Mer 18 Oct - 14:58

A la dérive
Aléa
▿ ⬘ ▴ ◈ ▾ ⬙ ▵



Découvrir une région inconnue pouvait faire un drôle d’effet, mais visiter des lieux en principe interdits pouvait aussi s’avérer quelque peu étrange. Pourtant, Aléa ne pouvait pas dire qu’elle s’en voulait pour cet écart des règles si strictes dans Dahud, voire même dans tout Oranda. Elle n’avait pas vraiment fait exprès de s’aventurer dans le quartier nord. Et si elle avait eu beaucoup de chance ainsi que pas mal d’audace, en rencontrant la fille d’Andar Drogon, maintenant que la peur était passée, Aléa sentait sa curiosité grandir de plus en plus. Nymeria avait aussi choisi le bon endroit pour la mettre à l’aise et briser la glace : l’ambiance de l’auberge était certes un peu bruyante, mais chaleureuse et conviviale. Un espace idéal pour se poser quelques instants et en découvrir plus l’une sur l’autre.

En un sens, les deux filles étaient opposées. L’une était blonde, l’autre était rousse, elles vivaient toutes les deux dans des régimes différents, et probablement qu’Aléa aurait aussi une autre bénédiction que celle de Glore - elle pensait notamment à celle de Jahaliel. Il y avait aussi leur âge… Mais la fille d’Elwyn ne pouvait s’empêcher d’apprécier cette Princesse dont elle avait seulement entendu parler via certaines rumeurs, voire certaines histoires. L’Innocente pouvait cette fois mettre un visage sur cette personne si importante pour le Nord ; et puis, surtout, elle pouvait plus en découvrir sur la future souveraine, notamment pour ce qui concernait sa façon d’être.

Tout ne se ferait pas en une seule rencontre, évidemment. Mais même n’en avoir qu’un aperçu, c’était pouvoir se faire une propre idée de Nymeria, sans se laisser forcément influencer par les futures rumeurs qu’on pourrait dire à son égard.

Quoi qu’il en soit, Aléa écouta la réaction de la Princesse face à ses propos sur Elwyn tout en buvant son chocolat chaud. « Sans doute n'en serait-elle pas ravie en effet – et là elles étaient toutes les deux d’accord – mais elle peut se rassurer dans le sens où tu es avec moi. Et que je ne laisserait personne te toucher. ». Aléa se contenta d’acquiescer face aux paroles de Nymeria. Elle était sérieuse, son ton le prouvait, et la jeune fille ne doutait pas de ses propos. Tout dans la tenue de la Princesse montrait qu’elle était certes ouverte, mais aussi posée, réaliste, et – il lui semblait – prompte à tenir parole. En un sens, peut-être que cela était issu de son éducation. Il y avait quelque chose en elle, une volonté qui lui était propre, et une volonté qui était faite pour gouverner. Si Nymeria voulait telle chose, Aléa n’aurait pas été surprise qu’elle l’ait peu importe les obstacles mis sur son chemin. Même si, bien sûr, c’était un peu tôt pour faire toutes sortes de conclusions.

- Je vous crois, Princesse, fit sincèrement la rouquine avec un léger sourire, montrant aussi par là qu’elle était déjà plus détendue que tout à l’heure, lorsqu’elles étaient dans la rue. Et je vous remercie pour tout ce que vous faites depuis tantôt aussi, continua-t-elle, sur le même ton, peut-être avec une certaine franchise. Pour être honnête, je suis contente d'être tombée sur vous.

Sur elle plus que sur quelqu'un d'autre. Les régions étant fermées aux gens d’autres éléments, même les familles des Dirigeants se rencontraient peu. C’était là l’occasion de sortir un peu des sentiers battus, ce qui n’aurait sans doute jamais été possible dans une rencontre officielle, tout entouré de monde.

Nymeria laissa en tout cas échapper un petit rire face à sa phrase sur Elean, puis rit plus franchement face à ses questions sur Vainui. Sa tasse toujours dans les mains, Aléa se contenta de la regarder avec une curiosité qu’elle ne cachait pas.

«J'aimerais beaucoup voir Sterenn de mes propres yeux, mais je suis, comme tout le monde, contrainte par les lois d'Oranda, je n'ai pas le droit de passer les frontières, malheureusement... ».

La jeune fille fit légèrement la moue, mais elle pouvait comprendre aussi. Elwyn non plus ne pouvait pas passer les frontières comme bon lui semblait. Il faudrait pour ça une invitation officielle de la part d’autres nations… Et il n’était pas sûr que ce soit pour tout de suite.

« Vainui c'est... froid. » fit simplement la Princesse. « C'est magnifique, c'est différent d'ici. A Vainui, nous sommes tous très croyant et, unis par cette croyance, les êtres bénis par Glore ont beaucoup de respect les uns pour les autres. Nous avons bien des maisons sur l'eau, elles sont construites sur pilotis, j'imagine que certaines ont dû s'écrouler... Mais l'eau est notre berceau, alors qu'importe si elles coulent finalement. »

La blonde n’avait pas tort, elle devait le reconnaître. D’un autre côté, penser qu’ils pouvaient respirer sous l’eau, comme elle l’avait entendu, changeait aussi la donne. Cela devait leur faire accéder à un monde qu’Aléa peinait à imaginer, et l’eau devait plus paraître pour eux une amie qu’un quelconque élément qui pourrait leur faire obstacle. Celle-ci devait littéralement les prendre sur son sein et, en plus de leur fournir de quoi se nourrir, peut-être leur permettait-elle de voir ses différentes merveilles, d’habitude cachées aux yeux des hommes. En un sens, Glore leur avait fait un beau cadeau… Et Aléa ne pouvait qu’imaginer tout ce que pouvait contenir la région, à défaut de ne pouvoir y aller.

Chez eux aussi, à Sterenn, le vent était un élément à part entière de leur vie. Ils l’utilisaient pour descendre et monter dans le ciel, être plus agile que la normale, voire aussi plus imprudent. Ils côtoyaient les montagnes, vivaient beaucoup aussi avec tous les oiseaux qui considéraient la région comme leur foyer… Et ils étaient peut-être assez audacieux.

La jeune fille revint en tout cas sur terre et plongea son regard dans celui de la Princesse.

- A Sterenn aussi, c’est magnifique. Vous devriez voir les couchers de soleil sur les montagnes, les quelques forêts qu’on a, et tous les oiseaux qui vivent avec nous. Certains Airs volent comme s’ils ne pesaient rien, d’autres semblent si agiles qu’il ne semble pas qu’on sache les arrêter… Et Arne a des paysages sublimes en étant construite à même la falaise. Certains bâtiments se perdent même dans les nuages, sourit Aléa.

C’était une bien piètre description face à tout ce qu’on pouvait voir, mais au moins, cela pourrait faire imaginer à la Princesse un peu la région de l’Ouest…

Quoi qu’il en soit, l’inévitable arriva. Elle dut évidemment faire tomber son chocolat chaud sur Nymeria et la jeune fille regarda un instant sans rien faire la jolie tâche qui parsemait les vêtements de la Princesse, trop prise de court par la bourde qu’elle avait joliment commise.

Bon. Au moins, c’était fait. Ce serait quoi, la suite de ses autres gaffes, aujourd’hui… ?

Pour autant, Aléa ne se sentait pas fière. Vraiment pas, même si la blonde lui assura rapidement que ce n’était pas grave. Au fond, c’était certes une Princesse qui ne devait manquer de rien. Mais quand même. Après les gardes, elle aurait quand même pu éviter de faire certaines choses passablement désagréables. Si encore, elle avait été bénie par Malaggar, elle n’aurait pas été gênée par la chaleur de sa boisson, mais là, elle avait plutôt reçu la bénédiction inverse…

Ses excuses ne tardèrent pas, tout comme de l’aide de la part d’une serveuse qui n’était pas loin. Elle fut finalement épongée, puis Aléa vit la Princesse vider d’une traite son verre d’hydromel, et l’espace d’une seconde, la jeune fille ne sut pas trop comment interpréter ce geste. Il aurait été tout à fait logique qu’elle veuille écourter leur discussion, mais le sourire ensuite rassurant, voire même malicieux de Nymeria lui fit balayer cette idée. Elle semblait a priori bien patiente, et aussi, comme ça, peu suceptible. Ce qui l’arrangeait très bien.

Aléa se demanda en revanche si elle n’avait pas mal entendu les propos de la jolie blonde lorsqu’elle reprit la parole. La surprise apparut d’abord sur ses traits, avant qu’elle ne soit bien vite remplacée par une lueur intriguée, mais partante quoi que la Princesse de l’Eau lui propose.

« Que dirais-tu de continuer ces explorations interdites ? Je ne peux me permettre de continuer cette balade ainsi vêtue. Mais nous pouvons faire une escale au palais des Kunan, si tu le veux. »

Plus que surprenant, c’était inattendu. Le Palais des Fanior lui était techniquement accessible, pour voir sa mère, si cela était nécessaire, puis, sans doute qu’on la laisserait entrer aussi si elle cherchait à voir Teb, ou même Skynen. Le premier était comme une sorte de grand frère à ses yeux, tandis que la meilleure amie de sa mère avait toujours été une compagne avec qui elle pouvait se confier sans problème. Mais pénétrer dans le palais des Kunan… Cela devait être encore plus interdit que pénétrer dans le quartier Nord. Au départ, Aléa n’était pas sûre qu’elle raconterait tout de suite à Elwyn sa rencontre avec Nymeria, maintenant, elle était quasiment sûre qu’elle allait s’y abstenir un petit moment.

Dans tous les cas, son regard mi-amusé mi-curieux valait sans doute tous les assentiments du monde.

- Si cela ne vous pose pas de problèmes, fit-elle quand même par principe. Et si cela ne vous attire pas non plus d’ennuis, ajouta-elle, son front se plissant un instant.

Ainsi avait-elle été éduquée. Tout comme Aléa n’avait jamais voulu causer de problèmes à Elwyn, elle ne voulait pas non plus causer de soucis à Nymeria, fut-ce t’elle la Princesse de l’Eau. Elle avait été surprise du côté « hors protocole », voire même aventureux de la jeune femme, mais finalement, cela ne l’en rendait que plus attachante.

Elle pouvait peut-être commencer à comprendre pourquoi les Vainuins l’aimaient bien, et Aléa suivit directement Nymeria lorsque celle-ci se dirigea hors de l’auberge. Cette dernière vint finalement poser une main délicate sur sa tête en lui assurant qu’elle ne lui en voulait pas, puis la jolie blonde vint remettre sa capuche sur ses cheveux roux avant de se remettre en route.

Ne sachant absolument pas par où il fallait aller, l’Innocente la suivit d’un pas vif.

« Que dirais-tu d'un bon bain chaud ? »

Aléa lui offrit un regard des plus intéressés tandis qu’un sourire joyeux venait parsemer son visage.

- On ne peut pas se lasser des bains chauds, répliqua-t-elle, sans vraiment cacher sa bonne humeur. Puis, elle réfléchit une seconde, songea au don que donnait Glore, puis reprit la parole, d’une voix quelque peu naïve, mais aussi quelque peu hasardeuse. - Sauf si vous aimez les bains froids ? Avec le don que vous donne Glore, je ne sais pas si cela change quelque chose pour vous, fit-elle honnêtement.

Même si ça lui semblait quand même logique que Nymeria aime les bains chauds. Avant la Cérémonie, elle doutait qu’elle ait connu autre chose que cela… Et c’était triste, en un sens, de ne plus en avoir !

Dans tous les cas, le palais des Représentants se présenta bientôt à leur vue, et la rouquine laissa la Princesse prendre les devants. C’était son territoire, après tout, et elle saurait comment s’y prendre avec les gardes – eux, ou toute autre personne qu’elle croiserait. L’Innocente espérait juste que personne ne la reconnaîtrait. C’aurait été un peu délicat d’expliquer sa présence dans un lieu qui lui était interdit, et ce avec la future souveraine, qui plus est.

La jeune fille attendit donc, et si tôt la porte d’entrée franchie, Aléa laissa à nouveau Nymeria la guider. A l’inverse de l’Innocente, elle vivait ici, et avait donc bien plus de marques que la rouquine. Ce fut néanmoins en avisant ses taches sur ses vêtements qu’elle prit la parole.

- Si vous préférez choisir de nouveau vêtements avant le bain, par contre, n’hésitez pas non plus.

Ce serait quand même bien plus agréable pour la jeune femme. La seule chose était qu’Aléa ne savait pas, c’était si elle irait faire la démarche toute seule – si jamais elle acceptait – ou si à l’inverse, ce serait plus un domestique qui s’en occuperait. Ce n’était pas comme si elle savait vraiment le mode de vie de Nymeria au sein du palais des Représentants, voire même à Vainui. La monarchie et la démocratie étaient en soi des régimes totalement différents…


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Dernière édition par Ambre le Mer 18 Oct - 15:00, édité 1 fois
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