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 Le passé va dans un sens, la mémoire dans l'autre

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Ambre
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Messages : 179
Date d'inscription : 16/10/2017

MessageSujet: Le passé va dans un sens, la mémoire dans l'autre    Jeu 19 Oct - 18:54

le passé va dans un sens la mémoire dans l'autre
Saskia  
▿ ⬘ ▴ ◈ ▾ ⬙ ▵

Le Douze de la Douzième lune de l’an 833, lendemain du bal des représentants.

Un mince rayon de soleil sur ta joue, le bruit lointain de deux oisillons qui se chamaillent pour un reste de nourriture, le murmure du vent dans les arbres. Tu ne dors plus. As-tu seulement dormi de la nuit ? C'est peut probable. Tu ne te souviens pas d'être tombée dans les bras de Morphée. Tu as fermé les yeux, ça oui, mais jamais ton esprit s'en est allé dans le pays des rêves. Tu as repassé en boucle la soirée de la veille, dans ta tête, comme si la scène était figée et se rejouait sans cesse. Quelque chose t'avais déplu, au fond de toi, tu sais ce que c'est, mais tu ne veux pas te l'avouer. Alors, tu continues de nier mais tu ressasses cette soirée. Tu sais que ta respiration te trahit, elle est saccadée et forte, tes émotions te trahissent malgré toi. Tu te retournes une nouvelle fois dans le lit, tu sais que tu dois arrêter de le faire sinon tu risques de réveiller la personne qui dort avec toi … ton époux. Tu ne peux cependant pas lui en vouloir, ce n'est pas de sa faute si cette soirée te tracasse autant, si ?

Tu décides de te lever, après tout, pourquoi rester dans ce lit alors que tu ne dors pas ? Il est certes très confortable, mais un bol d'air frais te feras certainement le plus grand bien. Tu décides d'emporter avec toi ta guitare, ce petit instrument qui t'accompagne partout où tu vas. Il est ton moyen d'expression, c'est par lui que tu extériorises tes sentiments. Tu prends aussi ce vieux morceau de papier et cette espèce de craie qui te sert à communiquer avec les autres lorsque c'est une nécessité. Tu ne parles plus depuis bien longtemps, tu te fais généralement comprendre avec des signes, mais certaines personnes sont plus réticentes, et tu le sais, alors, avec les années, tu as tout prévu.

L'air frais matinal te gifle presque le visage, tu aurais dû te couvrir plus… mais tu ne t'en soucis guère. Tu n'as envie que de te vider l'esprit, arrêter de penser, et tu sais qu'il n'y a qu'un seul moyen pour cela. Tu traverses les petits jardins pour aller t'installer près d'une fontaine, sur un banc à l'écart dans la cour du palais. Tu as contemplé la beauté de ce lieu pendant de longues minutes avant de laisser courir tes doigts sur les cordes de ton instrument. Tu jouais doucement —il ne fallait pas réveiller les autres convives, tu voulais être seule. La mélodie était calme et apaisante, exactement ce dont tu as besoin pour faire le vide en toi. La musique te transporte dans un autre monde, elle te fait oublier l'instant présent, tu joues les yeux fermer afin de t'en imprégner le plus possible, si bien que tu n'entends pas la personne arriver.


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Ambre
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MessageSujet: Re: Le passé va dans un sens, la mémoire dans l'autre    Jeu 19 Oct - 18:58

Le passé va dans un sens la mémoire dans l'autre  
Nymeria
▿ ⬘ ▴ ◈ ▾ ⬙ ▵


Un doux son monta jusqu’aux oreilles de la princesse. Les yeux clos, emmitouflée  dans ses draps épais, elle écoutait la mélodie, l’esprit à demi éteint, plongée dans ses songes animés par la musique qui provenait de la cour des quatre palais. La veille, à cet endroit, s’était tenu le bal des représentants, comme chaque année à Lucrezia depuis bien des années. Depuis son plus jeune âge, aussi loin qu’elle s’en souvienne, Nymeria y participait. Caché dans l’ombre, sur une assise loin des regards ou en haut d’un escalier, elle observait les dirigeants et les spectacles qu’ils offraient. Les palais étaient décorés pour l’occasion, mettant à l’honneur les quatre éléments. Celui dans lequel se trouvait la princesse à cet instant était celui de la famille représentante de l’eau, les Kunans, qui constituaient une lointaine famille. Des appartements lui étaient prêtés chaque année, ils étaient souvent réaménagés pour sied de mieux en mieux aux goûts de la future héritière du trône. Pour fêter ses 17 années, on lui avait offert une petite table de bois et un large tapis en peau de bête pour décorer. Sur la table se trouvait encore quelques mets qu’elle avait ramenés du banquet de la veille. Nymeria s’était couchée tôt, elle n’avait pas participé aux festivités, les avaient juste observées. Ce monde était le sien sans vraiment l’être. Bien que présente aux conseils restreints de son père, elle n’arrivait pas à trouver sa place dans l’antre de la politique, beaucoup la trouvaient encore trop jeune, innocente et naïve pour avoir un avis intéressant sur les choses. Elle connaissait ses forces et ses faiblesses, savait que son rôle serait plus important d’ici quelques années, que sans doute ses tâches commenceraient le jour où Andar, son père, déciderait de la marier. Elle devait trouver un bon parti pour le pays, et épouser celui qui conviendrait le mieux au Roi. Rien ne se ferait sans son accord. La princesse avait renoncé à un mariage d’amour depuis bien des années, préparée à ne partager sa couche qu’avec un intérêt politique et non un amant.

Frottant ses yeux, elle se redressa dans ses draps, le doux son l’apaisait d’une étrange façon, bien qu’il l’ait réveillée. Jetant un œil par ses fenêtres, elle tira les lourds rideaux pour constater que le soleil venait à peine de se lever, le ciel était encore teint d’une lueur nuancée de rouge et de rose, laissant bientôt place au bleu qui abritait le ciel de Dahud chaque jour de l’année. Le climat de Dahud était agréable, il pleuvait peu, ne faisait pas trop chaud, ni trop froid. Ceci dit, il convenait moins à Nymeria que la météo qu’on pouvait trouver à Vainui. Ses vallées enneigées lui manquaient, ses appartements, le palais, ses domestiques, elle avait le mal du pays, désireuse de rentrer. Une jeune femme était installée au centre de la cour, tout près d’une large fontaine installée pour l’occasion, installée sur un banc de marbre, elle jouait un sublime air de guitare. Ne pouvait détacher ses yeux de cet envoutant spectacle, la princesse l’observa un moment, la douce brise du matin semblait souffler sur ses arbres au loin et Nymeria se sentit pleinement éveillée. Détournant son regard de la musicienne, elle s’attela à enfiler une épaisse robe bleu, surmontée par une cape noire faite de laine.

Nouant ses cheveux blonds, presque blancs, dans un chignon désinvolte, attrapant à la volée une paire de bottines fourrées, elle quitta ses appartements discrètement, enfilant ses chaussures dans les longs couloirs. Tout était calme en cette fin de nuit, les gardes allaient bientôt se coucher, changer d’épique, échanger leur service contre ceux d’autre. Certains observèrent la princesse en silence, se questionnant surement sur sa destination sans pour autant oser l’interrompre. Descendant la multitude d’escaliers, elle finit par arriver dans la cour, la musicienne était toujours là, concentrée sur sa musique, les yeux clos, ou peut-être simplement rêveurs, à cette distance, elle ne parvenait pas encore à voir cela. Cette jeune femme ne lui était pas étrangère, sa chevelure ébène lui rappelait fortement celle de l’épouse du Président Hileran, elle l’avait aperçu la veille à la fête. On disait bien des choses sur cette dame que le président avait à ses côtés, d’ailleurs, se reprit la princesse, il ne lui semblait pas qu’ils soient mariés. Peut-être entretenaient-ils simplement une relation amoureuse. Celle qui avait été la femme d’Hileran pendant des années était Ysire Pelion, la présidente de Gorka. Cet étrange couple gouvernant la région des Terre, ensemble.

A pas feutrés, la princesse se rapprochait de plus en plus de la musicienne, laissant la mélodie de celle-ci la pénétrer, la parcourir et parfois même, lui arracher quelques frissons. Cette musique était enivrante, indescriptible, elle avait rarement entendu de pareil son. Une bourrasque de vent vint presque retourner sa cape, elle nota alors la tenue légère de la musicienne qui, sans doute, avait froid. N’osant pas l’interrompre, elle s’installa non loin d’elle, le regard hypnotisé. Les doigts de la muse étaient bleuis par la température, celle-ci devait moins bien supporter le froid que Nymeria. Elle était à présent persuadée qu’il s’agissait de Saskia Ruter. Néanmoins, une interrogation subsistait, on disait que celle-ci était muette, était-ce vrai ? La musique s’arrêta alors, le morceau touchait à sa fin, arrivant discrètement, la princesse posa sa lourde cape de laine qu’elle avait précédemment ôtée, sur les frêles épaules de la musicienne. « Ce fut un magnifique morceau, Dame Ruter, mais ne prenez pas froid. » commenta-t-elle, un sourire chaleureux accroché sur ses lèvres charnues. Aussi proche de la musicienne, elle eut tout le loisir de contempler la beauté de celle-ci, ses grands yeux expressifs et ses mains longues et fines dans des brindilles. Elle était belle et délicate, une vraie beauté Gorkienne, mais peut-être ne venait-elle pas  cette région, la princesse n’en savait rien. Elle avait l’étrange envie de connaitre un peu plus cette personne, se sentant toujours proche des enfants de Tarlyn, malgré ses origines Vainuiennes. Prenant place sur le banc aux côtés de Saskia, elle remarqua que celle-ci était tendue, gênée peut-être, ou alors ne l’avait-elle réellement pas entendue arriver. Les sourcils froncés, elle s’excusa « Je ne voulais pas vous effrayer, ou déranger. J’ai juste voulu savoir d’où venait cette mélodie qui m’a tiré de mes songes. »



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