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 Say goodbye.

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Ambre
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MessageSujet: Say goodbye.    Jeu 5 Avr - 22:11

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Goodbye

Nymeria était prostrée, assise sur une énorme pierre. Elle avait reprit connaissance, quelques heures auparavant. « Brehn. » avait-elle dit avant même d'ouvrir ses paupières restées si longtemps closes. « Brehn. » avait-elle de nouveau soufflé en ouvrant ses yeux bleus. Ceux-là avaient rencontré la foule qui séjournait dans sa chambre, l'air abattue. Une domestique vint l'aider à se redresser, mais la princesse la repoussa d'un signe de main, préférant faire cela elle-même. Elle se sentait lourde, son dos et son corps entier était endoloris. Elle fouilla les visages de la chambre, son père était là, à ses côtés se trouvait Danis dont la chevelure blonde émerveilla Nymeria. Plus loin, Aak'Var se tenait droit, jetant un œil dur à la scène, Einar posait un regard doux et chaleureux sur la revenante. Ses proches étaient là, ils étaient tous là, mais quelqu'un brillait par son absence. « Où est mon époux? » avait-elle dit d'une faible voix, sentant l'angoisse lui nouer la gorge. Elle n'avait que de vagues souvenirs de sa chute à la fête qu'ils avaient donné en l'honneur du mariage princier. Nymeria avait bu une coupe destinée à son père, ses propres jambes avaient cédées sous son poids et avant de toucher le sol, elle était déjà entourée par un brouillard sombre. La voix de Brehn avait raisonné, et non loin de lui, le doux visage d'Eden'El lui était apparu.

Tous l'observaient, la dévisageaient. Elle serra ses poings et se débarrassa du drap qui lui couvrait les jambes, découvrant avec effroi son propre corps fortement amaigri. «Princesse, commença quelqu'un, vous avez été empoisonné. » La jeune femme fronça les sourcils, passant une main inquiète sur son visage, découvrant par son touché que celui-ci aussi semblait plus maigre. Sa peau était rugueuse, bien moins douce qu'avant. Elle acquiesça doucement, comprenant que le contenu de la coupe avait entraîné sa chute... Cette coupe était destinée à son père, la princesse se crispa à l'idée qu'Andar ait pu en boire aussi. Jetant un coup d'oeil inquiet à celui-ci, elle constata que le roi était en pleine forme, il semblait avoir quelque peu forcit, son teint était net mais ses traits étaient bien plus tirés que dans son souvenir. Andar semblait fatigué, triste, déçu. Bien loin de l'image du père aimant qu'il aurait affiché en temps normal. Nymeria avait dormit durant plus de trois semaines, lui avait-on expliqué. «Les... » l'homme hésitait. Nymeria avait prit place au bord du lit, laissant ses pieds toucher le sol. Elle l'intima à continuer avec un sourire encourageant. «Les Shöva ont.. commandité cet acte. »

Un frisson secoua la princesse alors qu'elle posait un regard abasourdi sur l'homme qui venait de dire de telles horreurs. « Comment osez-vous?! » s'écria-t-elle, furieuse. «Princesse, je.. ce sont... c'est ce que l'enquête à prouvé. » Elle se figea. Fixant le sol avec une étrange intensité. Comment était-ce possible? Jamais les Shöva n'auraient pu faire cela, elle en était certaine. Du moins, pas ceux qu'elle fréquentait. Egerth, Brehn... la mère de celui-ci. Aucun n'aurait jamais attenté à la vie du roi ou à la sienne. « Brehn... , s'enquit-elle de nouveau, Mon époux n'aurait jamais fait ça.  » acheva-t-elle avec plus de sûreté dans la voix qu'elle ne s'en serait cru capable. Elle ne doutait pas de lui, elle ne douterait jamais. Nymeria s'imaginait alors la situation des Shöva, sans doute étaient-ils enfermés dans un cachot au sein du palais des représentants, puisqu'il semblait à la princesse qu'elle était toujours à Lucrezia. Mais quel cachot, où ça? Allaient-ils bien? Brehn était-il blessé? Souffrait-il du froid, de la faim ? Il devait se mourir d'inquiétude. « Je dois voir mon époux !» déclara-t-elle tout en se levant, « Où est-il ?», Nymeria jeta un regard inquisiteur aux visages qui se détournaient. Personne ne semblait décidé à lui répondre. S'approchant de Danis, à pas hésitants, elle posa sa main sur l'épaule de celle-ci, constatant que le regard joyeux de sa belle-mère avait laissé place à un voile de tristesse. « Ma Reine, je vous en prie...» Face au silence de celle-ci, la princesse laissa retomber sa main, levant les yeux vers ceux de son père, le roi. L'interrogeant silencieusement du regard.Ils restèrent un moment à se regarder avant que le roi ne se détourne à son tour, à la grande surprise de la princesse.

«Il est mort. » lâcha finalement une voix. Celle d'Aak'Var. La princesse sentit son propre coeur manquer un battement dans sa poitrine, elle se dirigea lentement vers le conseiller, les yeux écarquillés. « Qu'avez-vous dit? ». Soutenant le regard désabusé de Nymeria, Aak'Var reprit d'une voix plus douce, bien que particulièrement neutre. Il venait d'endosser le rôle le plus difficile. «Princesse, Brehn Shöva est mort. » Le sol semblait se dérober sous les pieds de Nymeria alors qu'un bras fort, celui d'Aak'Var, vint lui enserrer la taille pour la rattraper. Elle le repoussa doucement, les yeux furieux, pleins de larmes. «Il... » elle secoua son visage, doucement d'abord, puis avec plus d'énergie, se laissant entraîner par un rire hystérique qui sortaient de ses lèvres. «Il... c'est... non... » Puis reprenant un instant son sérieux, elle tourna ses prunelles bleues vers son père, lui hurlant finalement «Pourquoi ne l'avez-vous pas protégé ?! Les Shöva ont assassiné mon mari... Ils ont... » elle serra ses poings, prête à frapper dans le premier être qui tenterait de l'approcher. Elle ne pouvait y croire, elle refusait d'y croire. Il ne pouvait pas être mort, il ne pouvait pas l'avoir abandonné. Pas elle. Pas lui. Leur histoire était trop belle, trop pure... Leur histoire était bénie par Glore ! Elle ne pouvait s'achever de la sorte.

Andar passait d'un pieds à l'autre, comme mal à l'aise, puis il posa sur sa fille un regard qui eut pour effet de couper net la fureur de celle-ci. «Les Shöva ont été exécutés en place publique pour leur crime. » Cette fois-ci, personne ne vint la rattraper lorsque Nymeria se laissa tomber à genoux, sa robe de lin pliée sous elle. Les mains tremblantes, elle jeta un regard haineux à son père. «Père... qu'avez-vous fait? Qu'avez-vous fait? » Le roi semblait chercher ses mots un instant, mais reprit d'une voix plus dure encore. «Je n'ai rien fait, Nymeria. Ils ont tenté de me tuer, et faillit te tuer. Je ne pouvais pas les... » Elle ne laissa pas son père terminer sa phrase. Sans attendre son dû, elle se leva et quitta la chambre qui lui avait été attribué en courant. Des gardes s'étaient lancé à sa poursuite alors que la voix d'Andar résonnait dans le couloir, ordonnant de la rattraper. Mais la princesse était une bonne sprinteuse et, malgré ses pieds nus, son corps faible et tremblant, sa tête qui tournait, le monde qui s'écroulait sous ses pieds, elle réussit à semer les gardes, passer au travers de la foule et s'enfoncer loin de toute population, à l'abris des regards.

Les mains sur les genoux, le corps penché vers l'avant, Nymeria tentait de recouvrer sa respiration, depuis combien de temps courrait-elle? La princesse n'en savait rien. Ses pieds étaient ensanglantés, son coeur déchiré. Elle cessa d'étouffer ses sanglots, laissant ceux-la se déverser sur elle, en elle, la frappant d'une douleur telle qu'elle tomba de nouveau à genoux. Son visage ruisselait  de larmes, sa joues étaient rougies par l'émotions, son ventre serré, retourné, son coeur... son coeur semblait vide, un énorme creux s'était formé dans sa poitrine, un vide si douloureux qu'elle eut l'impression d'en mourir. Son émotion s'apaisant un instant, elle avait l'impression de sentir la main de Brehn se poser sur son épaule, son doux parfum boisé, épicé, montait à ses narines. Nymeria prit une grande inspiration, levant ses yeux vers le ciel gris qui recouvrait la capitale. Pourquoi Glöre lui avait-elle fait cela? Pourquoi ? Un courant d'air fit disparaître la main invisible ce qui eut pour effet de briser un peu plus la princesse.

C'est ainsi que, quelques instants plus tard, ou peut-être quelques heures, la Princesse du Nord s'était perchée sur une pierre, dominant ainsi la ville qui s'offrait à sa vue. Elle jetait un regard froid et vide à celle-ci, les larmes ne coulaient plus, elle les avaient toutes épuisées. Elle était vidée. Déchirée. Anéantie. Son ami, son amant... son époux, celui a qui elle avait dédié sa vie, celui pour qui elle voulait se battre, celui avec qui elle désirant tant avancé, celui-ci était mort. Exécuté en place publique, sur ordre de son propre père. Jamais Nymeria ne pourra le lui pardonner. Jamais elle ne pourrait douter de Brehn, de ses yeux bleus qui semblaient voir en elle un endroit auquel il était le seul à accéder. Lui qui avait toujours su être là, lui qui avait été tout pendant des années, lui qu'elle aimait, follement, plus que tout. Elle s'était uni à lui devant son peuple, celui de Vainui. Serrant de nouveau les poings, Nymeria se dressa sur la pierre, ses pieds étaient hésitants, mais étaient parvenus à la tenir debout. Prenant une large inspiration, elle hurla le nom de son amour, elle cria si fort que le vent semblait lui répondre. Elle refusait de le croire mort, elle le sentait presque encore près d'elle. Tout près. Derrière elle, juste là... Il semblait poser un regard amoureux et triste sur elle, ses  yeux bleus dénués de joies étaient tels deux cascades, il l'observait.. Ce Brehn imaginaire observait sa princesse aux yeux si tristes. Elle ne s'en remettrait jamais, elle en était persuadée. Nymeria comptait fuir, disparaître dans la nature, peut-être se rendre à Sezni, aider Ramose. Son père ne pouvait pas rester impuni. Elle ne lui permettrait pas.

La princesse soupira, sentant son esprit embrumé se dissipé, l'absence de Brehn se fit encore plus ressentir. Le vent avait balayé le fantôme qu'elle voulait tant voir. Passant une main dans ses cheveux, elle se dressa sur ses pointes pour sauter du rocher, atterrir sur ses pieds et rentrer au palais, se faire soigner. Elle ne pouvait pas trahir Andar. Cela aurait déplu à son époux, il ne l'aurait jamais laissé s'allier avec l'ennemi, même pour le venger. Tentant de ne pas flancher, elle s'enquit de sauter. Mais son pied ripa, arrachant la peau de son talon, la faisant tomber sur le flanc. Dans sa chute, Nymeria se frappa la tête contre le rocher, celui-ci en gardait une tâche ensanglantée. Elle tomba, inconsciente, en bas de celui-ci. Perdue loin de tous, loin de monde. Dans un soupire apaisé, elle laissa la pénombre l'envelopper, son cœur semblait soulagé à l'idée de ne jamais se réveiller.


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Théo

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MessageSujet: Re: Say goodbye.    Dim 5 Aoû - 0:10

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Goodbye

Les coups barbares s'intensifiaient. Les uns après les autres j'encaissai, et bien que menotté je me relevai à chaque fois avec dignité en regardant mes tortionnaires d'un indescriptible regard mêlant mépris, incompréhension, désenchantement et tristesse. Non, je ne voulais pas leur rendre la tâche aisée. Je voulais que le doute s’empare un peu plus d'eux à chaque nouvelle frappe. Mais comment pouvais-je croire avoir un quelconque impact même avec un comportement de torturé inhabituel. En face de moi je n'avais que des animaux enragés. Leur raison, leur conscience, leur humanité n'était plus. Mais j'y croyais : une once de sensibilité devait persister. Elle était certainement étouffée par la colère mais elle était présente. Elle observait mon attitude. Elle la notait dans leur inconscient. J'osais qu'ils comprendront leur erreur et j'osais espérer qu'à la lumière de nouveaux évènements futurs dont je n'aurais jamais connaissance, mes tortionnaires et le public qui assistaient à la scène, se souviendraient. Qu'ils se souviendraient de la famille Shöva, hâtivement pris pour cible et accusée coupable de la pire ignominie ; de cette famille qui dans la douleur physique et mentale, ne cilla pas d'un pouce. Active dans la passivité. Digne dans la déchéance. Résiliente dans la mort.

Après un énième coup s'écrasant sur ma joue à m'en faire chavirer contre le mur, je m'écroulai de tout mon poids. Dans le même temps une voix, qui était nulle autre celle d'Andar, demanda l'arrêt de mon supplice. Alors que le petit comité qui s'était agglutinée devant ma cellule, partait pour une autre - celle de mes parents ? de ma sœur Séléné ? de mon oncle Egehrt ? Je le saurai bien assez tôt... -, Andar me considéra le temps d'un instant. Bien qu'habituellement impassible, cette fois, il ne put cacher un air foncièrement méprisant et dédaigneux. Pensez-vous... Il n'y avait aucune compassion dans son acte... Il fallait que je sois encore opérationnel pour être la bête de foire que l'on égorgera - ou que sais-je encore - demain matin sur la Place Centrale de Dahud.
Je ne tentais même pas l'appel à la raison ni même une simple discussion avec. Tout avait déjà été dit dans l'après-midi lors de notre jugement. Avec l'aide de Sandro - dont sa famille a déjà sauvé la nôtre par le passé - nous avons tout essayé. Mais en vain. Nous étions comme face à des blocs que l'on ne pouvait pas déplacer d'un pied, complètement hermétique à notre plaidoirie. Entre les juges de Dahud corrompu par l'argent de la couronne, entre les autres pays qui voyaient un avantage considérable dans la discorde chez les Eaux, entre la cour Vainuine et les hauts dignitaires Kunan déchaînés, tous étaient contre nous. Ni même Glorë n'a pu nous sauver du verdict. Et ce n'est pas comme si nous ne l'avions pas mentionnée, elle était notre meilleur atout. Oui nous avons rappelé que notre déesse avait accepté notre union lors du rituel du tourbillon dans le temple d'Ibai. Oui nos âmes avaient été sondées ! Oui elle avait lu en nous ! Oui nous nous en sommes sortis avec brio. Mais ça ne leur a pas suffi. Ces imbécile... Comment croire que j'aurais pu faire le moindre mal à Nymeria ? Comment ?! DÎTES-LE MOI PAR PITIÉ !

Ces derniers mots je les avais hurlé comme un ultime cri du cœur. C'était à la fin du procès. C'était notre dernier espoir. Ils vinrent mordre chaque être dans la grande salle tel un vent glacial des steppes Vainuines. Tel un souffle d'Eau en colère. Le silence s'était installée. Aucun mot ne parvenait à mes oreilles. Plus que jamais l'absence de phonème était révélateur de l'ampleur de ce qui allait se jouer dans les secondes qui venaient. Le cœur et les poings serrés, la gorge nouée, le seul debout dans l'assemblée, je n'étais plus que tension. Les juges ne se concertèrent point ; même pas pour la forme ! Tout était joué d'avance... Et d'un accord tacite, l'un d'entre eux annonça la sentence : "La haute cour de Justice de Dahud, en présence des Déités, vous déclare, la famille Shöva, coupable dans la tentative de régicide et l'empoisonnement de la Princesse Nymeria Drogon. Et pour cela, nous vous condamnons à la peine de mort en place publique, demain à l'aube." Ces paroles résonnèrent à leur tour en réponse aux miennes. Au souffle mordant s'opposait la pique assassine. Ils avaient gagné. Là était ma première mort : à ce moment précis âme et cœur n'étaient plus que brisure amorphe. Je me tournais vers ma famille que je venais de tuer en ayant choisi et cru en une vie de contes de fées. Sans ma détermination, mon optimisme ou devrais-je dire mon utopisme, ils n'en seraient pas là. Je n'en serais pas là. Malgré nos larmes qui roulaient avec abondance sur nos joues, nos lèvres qui s'arquaient de plus en plus vers le plancher, l'unité familiale était là : il ne m'en voulait pas. Et tandis que nous essayons de nous retrouver une dernière fois pour digérer ensemble cette épreuve, que l'on nous séparait de force. Les cris et les coups fusaient de toute part ; c'était trop, on nous enlevait la moindre chose à laquelle se raccrocher. Tout était bon pour nous tuer encore un peu plus.

Et pourtant je suis toujours là, étalé sur les pierres froides et humides, entendant les miens se faire maltraiter à leur tour dans ces cachots ou la lumière n'a jamais été. Alors pour seul éclat dans ces ténèbres j'imaginais ma bien-aimée Nymeria. Avec son angevin visage, ses pommettes subtilement rosées, ses yeux du bleu des cieux, sa chevelure nacrée, elle était là, à m'observer avec son sourire qui m'a fait chavirer tant de fois. Elle rayonnait. Néanmoins cette visualisation n'eut qu'un bref effet ; tout redevint aussi obscur qu'avant, si ce n'est plus... Et quoi de plus normal ? Contrairement aux autres fois sa vue m'apporta bien vite angoisses et abattement : elle aussi était dans une situation critique. L'on ne me donnait aucune nouvelle mais je savais très bien que si elle était revenue à elle, ces blocs que je n'ai pu bouger, l'auraient été...

Ces songes ne perdirent pas de temps pour m'achever. Et finalement, ce n'était pas si mal : demain il fallait que je sois le plus en forme possible pour que mon image puisse être relativement décente.

"À mort !" ; "Que justice triomphe !" ; "Tuez-les" ; "Que ces démons payent !"  et tant d'autres revendications triviales s'élevaient de la foule animale alors que l'on nous positionnait - les membres de ma famille et moi-même - à nôtre potence attribuée. Pour l'occasion, ils avaient fait fort. Très fort. J'allais en effet mourir, sur l'estrade où Nymeria et moi avons célébré notre union. Volonté de m'humilier davantage, ou simple souci de logistique ? Je ne le saurai jamais, mais une chose était sûre, c'est que cela me faisait mal de revivre malgré moi des évènements heureux qui me font regretter encore plus mon imminent départ de ce monde. Jamais plus je ne pourrais vivre une fête, jamais plus je ne pourrais danser comme un dératé auprès de ceux que j'aimais et notamment avec celle qui m'a appris, Rhenis. Jamais plus je ne pourrais me délecter de la passion qui m'unissait à ma douce et tendre. Jamais plus... Et que dire des simples moments de la vie ? Un coupe d'eau pure - tiens, maintenant je comprends mieux pourquoi on parle de vivre d'amour et d'eau fraîche. Le sourire de ma mère ou d'un simple inconnu. Le rire de mon père. Les baisers sur le balcon ou dans les jardins au clair de lune. Le bruissement des feuilles de la canopée des forêts. Le chant des oiseaux au petit matin. Jamais plus... "Qu'on les attache à leur corde !" Et puis mes rêves ?! Oui mes rêves... Ces beaux rêves d'espoir, de vie, d'aventure, tous aussi ambitieux les uns que les autres ne pourront se réaliser. Je ne serai jamais le maître de la médecine par l'eau, comme l'aurait souhaité Sérild. Je ne verrai jamais Eden retrouver une partie de sa famille Vainuine. Je ne saurai jamais si avoir un amant et une amante pouvait être viable ou si ce n'est qu'une vue de l'esprit. Jamais. "La Justice a fait son oeuvre et condamne l'entièreté de la famille Shöva présente à Dahud pour la tentative d'assassinat du roi Andar Drogon et de sa fille, la princesse Nymeria Drogon. Les noms des condamnés sont [...]" Je jetai un dernier coup d’œil à ceux par qui le sang nous lira jusque dans la mort. Ils étaient tous sereins ou dans une moindre mesure, simplement impassible. Tout comme le mien, et ce à mon grand étonnement, moi qui ai toujours été dans le combat et l'action, qui ne connais pas le mot résignation et est allé toujours au bout de ses idéaux. Pourquoi là j'avais accepté ma défaite ? Après tout, même si les chances sont infimes je me suis toujours dit qu'il fallait y croire. N'y avait-il donc plus aucun espoir cette fois-là ? Ou me comportai-je ainsi afin de mourir en paix ? Certainement.

***

"Qu'on ouvre les trappes !" Ah, ça y est, la fin est imminente. Ma vue s’obscurcit. Le toucher cotonneux du vent est en train de devenir de l'histoire ancienne. Mon corps se met à trembler bien qu'aucune douleur se fait ressentir. La foule en liesse ne se fait plus entendre. Alors c'est comme ça que l'on meurt ? Je ne vois plus rien. Si ! Qui est-ce ? qui incarne donc cette étrange silhouette aux lueurs opalines ? Elle m'appelle.  Nymeria. Je suis désolé. Je n'aurais pas su être le mari que je t'ai promis d'être. Je t'ai menti ; j'ai failli. Pardonne-moi, pardonne-les. Merci pour toutes ces belles années, je n'aurais pu survivre sans toi. Je t'aime plus que tout. Maman... Papa... Séléné... Egehrt... Kaan... Rhenis... Sandro... Danis... Nym... Adieu, je m'en vais la rejoindre.


Ainsi s'éteignit la maison des Shöva. Elle n'aura pas rechapé une seconde fois à la Justice, alors qu'ironiquement, cette fois, elle n'est aucunement liée à la tentative de régicide. Eh oui la bêtise humaine, les aprioris, le choix de la facilité, la connerie, l’égoïsme, la folie, l'antipathie, l'indifférence, le je-m'en-foutisme, l'inconsidération, l'irrespect, la méchanceté, la vengeance auront eu raison d'eux. Parfois se battre ne sert à rien, certains êtres restent bloqués et butés dans leurs idées en pensant que les choses iront mieux après le choix qu'ils ont fait alors qu'ils savent pertinemment qu'ils font erreurs. Simplement ils croient que ça pourrait passer sur un malentendu. Ils finiront et finissent toujours par s'en mordre les doigts mais bien trop tard. Et pourtant ! Et pourtant, ils restent sans regret : il n'admette rien. Ils se protègent. Mais il n'en demeure pas moins que le mot gâchis prend tout son sens lorsque l'on prend du recul sur ce genre d'évènement et lorsque l'on voit toutes ces actions qui n'ont servi à rien.

***
 
Plus que jamais seul, plus que jamais désenchanté, me voilà à errer,
Dans l'attente du linceul. Désolé ma bien-aimée, sauras-tu me pardonner ?


Non. Changeons cela.

À jamais réuni, à jamais bienheureux, nous voilà à prospérer,
Dans les bras de Glorë. Je t'aime ma bien-aimée, pour l'éternité.


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