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 Histoire Mer'Hella, récit d'une vie avant la vie.

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Date d'inscription : 16/10/2017

MessageSujet: Histoire Mer'Hella, récit d'une vie avant la vie.    Mar 17 Oct - 21:57


De nombreux coups furent frappés contre ma porte, la lune était à son zénith depuis des heures déjà et je n'attendais personne. Un sourcil levé, j'hésitais un instant avant de me lever. Mon dos usé ne faisait que, régulièrement, me rappeler mon vieil âge. Hésitante, j'avançais toujours un peu plus vers la porte, et une voix s'éleva. « Mona! Par pitié c'est Nienor, ouvre moi! » Nienor. Voilà bien une personne que je n'attendais pas. Pressant le pas, je lui ouvris. Son visage était blanc, bien plus pâle que d'habitude. Ses yeux étaient rougis de fatigue et de tristesse. Cette pauvre enfant avait dû pleurer. Elle s’effondra dans mes bras, me serrant si fort que j'en eu mal à la poitrine. Passant une main délicate dans son dos, je la caressai tout en refermant derrière nous la porte de ma demeure. « Que fais-tu là, mon enfant? » lui intimais-je tout en l'invitant à s’asseoir sur les matelas recouvert de tentures. Elle prit place, me regardant faire, rapidement, je lui préparai une large coupe de vin chaud et vint me poser à ses côtés. Elle serrait la coupe si fort que les jointures de ses mains blanchissaient. Elle aurait dû être heureuse en ce jour merveilleux, elle s'était mariée ce matin. Mariée avec l'héritier Keltar, un riche et noble héritier que sa famille lui avait imposé. Mais cela ne me concernait pas, je n'étais que la nourrice de Nienor lorsqu'elle était enfant. Mais à présent, elle était femme, adulte, elle était la femme d'un homme, plus l'enfant que je couvais. Pourtant, ses yeux humides me regardaient comme si elle cherchait un amour maternel qu’elle n’avait jamais reçu. Il était vrai que sa mère n’était pas tendre avec elle, bien qu’elle ait toujours souhaité le meilleur. Nienor était d’une très grande beauté, une femme svelte aux cheveux noirs, des yeux si bleus qu’ils semblaient refléter les mers en Vainui, des traits fins et doux. Enfant, elle était calme, avenante et aimante. En grandissant sous les coups de ses parents et leurs réprimandes, elle est devenue quelqu’un d’autre. Une femme plus forte, à même de prendre les décisions les plus difficiles qui soient, elle imposait le respect rien qu’en posant un pied quelque part, hommes et femmes se retournaient sur son passage et parfois même se taisaient, ébahies par sa beauté. Mais ce soir, Nienor semblait dévastée et mon cœur, bien qu’habituer à de terribles spectacles, se serra très fort. Elle prit un certain temps avant de me répondre, laissant ses larmes rouler sur ses joues sans pour autant me donner une explication. J’attendais, en silence, que cette belle enfant me parle. Elle finit par essuyer ses perles salées d’un brusque geste de la main, avalant d’une traite le liquide encore bouillant que je lui avais servi. Mais elle ne broncha pas, comme tout être béni par Malaggar. Le feu ne nous brûlait pas, il nous était familier, il nous possédait.

Nienor prit une grande inspiration avant de poser brusquement la coupe sur la petite table qui se trouvait non loin d’elle, manquant de briser celle-ci. Devant mon regard interloqué, elle baissa les yeux, puis revint plonger ses prunelles dans les miennes et, enfin, m’intima : « Mona, j’ai un problème. J’ai besoin de toi. » J’observai la jeune femme, son corps ne présentait aucune blessure qui nécessiterait mon aide, au contraire, il semblerait même qu’elle ait prit un peu de poids au vu de ses joues plus rondes et de son ventre gonflé. Curieuse, bien que soucieuse, je l’incitai à continuer d’un geste de la main. Hésitante, elle reposa son regard au sol, croisant ses bras contre sa poitrine qui elle aussi, semblait avoir pris du volume. Mais cela faisait plusieurs lunes, peut-être même une année, que je n’avais pas vu Nienor d’aussi près. Peut-être s’était-elle gavée de nourriture à l’idée d’épouser l’héritier Keltar. Cela n’était pas improbable, cette enfant avait toujours été imprévisible et impulsive. « Promets de ne pas me juger ! » lâcha-t-elle brusquement, la panique se lisait dans ses pupilles qui semblaient s’assombrir. « Nienor, ma jolie, t’ai-je un jour trahi ? » elle me fit non de la tête, puis se radoucie, presque honte des prochains mots qu’elle allait me dire. « Je suis enceinte Mona. » Ma belle enfant posa ses deux mains sur son ventre gonflé. Ah, la voilà, la raison de ce changement. Je fus surprise, cependant, connaissant la jeune femme. Elle était pieuse malgré ses airs aguicheurs mais elle n’était pas du genre à consommer le mariage avant que celui-ci ne soit officiel. Je passa une main lasse dans mes cheveux crépus, observant la belle. « Mais cet enfant n’est pas celui de l’héritier, n’est-ce pas ? » Elle acquiesça et se remit à pleurer. Cette fois-ci, je m’avançai vers elle, la prenant dans mes bras, caressant doucement son dos. Secouée par les sanglots, je sentais que Nienor avait honte. Qu’elle était perdue, déboussolée. Si cet enfant qu’elle portait n’était pas celui de son époux, elle n’était pas légitime à l’épouser et elle allait recevoir les foudres de ses parents si cela s’ébruitait. « Qui est le père ? » demandais-je doucement. Elle se recula de moi, me repoussa à l’aide de ses mains abimées. « Je-Je ne peux pas te le dire Mona ! Ne me pose plus cette question, je t’en supplie ! » « Très bien. Je ne te le demanderai plus. Maintenant, dis-moi ce que tu attends de moi. » J’avais compris ce qu’elle voulait. Que je lui ôte cet enfant. Si Nienor avait été fécondée récemment, l’enfant ne vivra pas, et cela était sans doute la meilleure option pour ma belle enfant. Je ne refuserai pas, j’avais déjà aidé des femmes à accoucher, avant que la nature ne le leur permette. Mais je voulais qu’elle me signifie ce désir de ces propres mots. Et cela ne tarda pas. Ses yeux imploraient ma compassion, mais sa décision était prise, sans doute depuis longtemps. « Mona, enlève-moi cet enfant du ventre. Je ne peux pas le garder. »









⊱ l'an 623 ⊰
sezni, inaki, dans la sombre nuit...


La tâche allait être longue, fastidieuse, sans doute allait-elle prendre la nuit entière, et le temps nous était compté. Le nouvel époux de Nienor ne pouvait se réveiller sans trouver sa femme à ses côtés. Mais provoquer un accouchement avant son terme n’était pas aisé et au-delà du fait de mettre bas, cela allait être douloureux. « Depuis combien de lune es-tu enceinte ? » lui demandais-je doucement, tout à me levant. Il y avait bien des choses à préparer, d’abord ma belle enfant que j’allais bientôt plonger dans un bain mêlant mauve, camomille, fenouil, lin et d'orge, l’infusion sur son corps svelte bien que boursoufflé à certains endroits avait pour but de la détendre. « 7 lunes, plus ou moins. » annonça-t-elle. « Suis-moi. » lui intimais-je tout en la conduisant dans la salle où se trouvait une large baignoire. Mes ressources d’eau suffisaient pour remplir celle-ci et pouvoir l’hydrater par la suite. « Fais chauffer l’eau, je reviens dans un instant. » je l’entendis ôter ses quelques couches de vêtements et verser l’eau encore froide dans le large récipient. Mes mains s’attelaient dans une autre salle, elles cherchaient les flacons qui contenaient les herbes nécessaires. Mon regard se posa sur une fiole contenant du lait de pavot, humant celle-ci, la dissimula parmi les autres et revint trouver Nienor dans l’eau qu’elle tentait de chauffer à l’aide de ses dons. Mais ma belle enfant était faible et fatiguée. La grossesse devait l’épuiser. Soupirant, je plongeai mes mains dans l’eau tiède et bientôt, celle-ci se mit à fumer, signe qu’elle avait chauffé. Je ne craignais pas de brûler la belle brune, évidemment, la chaleur ne pouvait la blesser. Rapidement, j’eus emplit le bain avec les herbes et je vis ma belle enfant s’y détendre un moment. Je pris place à ses côtés, le lait de pavot toujours entre mes mains. « Sais-tu ce qui t’attends ? » demandais-je doucement, il n’était pas trop tard pour reculer. Mais je savais pertinemment qu’elle n’avait pas d’autre choix. Faire passer cet enfant pour celui de l’héritier Keltar était impossible.
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