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 Let it snow || Brehn

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Ambre
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Messages : 179
Date d'inscription : 16/10/2017

MessageSujet: Let it snow || Brehn   Mar 17 Oct - 23:05

[color=#378EC0] Nymeria / Môrwen [color=#3E6F32]

Citation :
LET IT SNOW
L'AN 824, SOUVENIR



Les meubles autour d'elle semblaient disproportionnés. Nymeria était assise sur un grand fauteuil aux teintes bleues et or, ses pieds ne touchaient pas le sol. La petite princesse les balançaient en rythme régulier, observant son regard dans le miroir. Ses joues étaient rondes et rosées, une domestiques coiffait tendrement sa tignasse argenté, Nymeria ne tenait plus en place, elle avait tant hâte d'aller courir dehors ! « Il neige ! » répétait-elle incessamment. « S'il te plais, vite, il neige ! Je ne veux pas qu'elle disparaisse, je veux aller jouer dans la neige ! » La domestique ne put s'empêcher de sourire face à cette enfant qui débordait de joie de vivre. « Bientôt Princesse. » Elle s'attela plus efficacement à tresser les boucles blondes et rebelles de Nymeria, créant deux grosses tresses de chaque côtés de son visage, elle vint enrouler chacune d'elles afin d'en faire des chignons. La princesse ne quittait pas des yeux son visage, elle observait avec beaucoup de soin et d'attention, les gestes effectués. Elle voulait être capable de les refaire.

Une dernière broche installée dans ses cheveux, et voilà qu'elle était coiffée. La petite Nymeria toucha délicatement sa nouvelle coiffure : au centre de chaque chignon se trouvait une petite broche en forme de flocon de neige. C'était visiblement un choix de sa domestique. La princesse se leva, les pieds sur l'assise du fauteuil et vint embrasser avec autant d'amour qu'une enfant de 8 ans puisse donner, celle qui s'était occupée d'elle. « Merci » lui intima-t-elle « c'est très beau. » Elle lui sourit, son visage d'ange semblait s'illuminer à chaque mouvement de lèvres. « Tu en voudrais des comme ça ? » elle montra les broches du doigts. Un peu gênée, la domestiques qui était âgée d'une soixantaines d'années lui fit signe que oui. Croisant ses deux mains, plaquée sous son menton sans jamais se détacher de son sourire elle lui déclara « Je t'en ferait fabriquer alors ! Va te reposer, moi je vais jouuuuer ! » et pour ponctuer son geste, elle sauta du fauteuil, atterrissant agilement sur ses pieds sous le regard attentif quoi qu'un peu inquiet de sa nourrice et domestique.

La petite princesse s'apprêtait à quitter sa chambre quand Mörwen, la domestique, l'interrompu d'un raclement de gorge. Nymeria se retourna vers elle, les sourcils froncés. « Que se passe-t-il ? » Mörwen était la nourrice de Nymeria depuis sa naissance. Elle l'avait vu grandir, sourire et pleurer. Entre la femme âgée et la petite fille, un lien indescriptible s'était formé. La princesse aimait sa nourrice à la folie et il en était sans aucun doute de même pour la vieille femme. « Allez vous réellement sortir ainsi vétue ? » La petite posa les yeux sur sa tenue : elle ne portait qu'un peignoir en soie dont les manches étaient bien trop grand ainsi que des chaussons fourrés. Nymeria éclata de rire avant de retourner se fourrer dans les bras de sa nourrice. « Heureusement que tu es là Mörwen. »

La vieille femme acquiesça d'un sourire amusé, elle indiqua d'un signe de tête à sa princesse d'aller s'asseoir sur son lit à baldaquin, démesurément grand par rapport à la petite fille. Celle-ci s'y installa, toujours excitée comme une puce. Elle avait dû sauter pour atteindre son matelas, son marche pied avait été rangé, mais de toute manière, Nymeria trouvait celui bien plus drôle de sauter. Elle était à l'âge où presque tout lui était permit. Évidemment, elle avait des cours tous les jours et la petite princesse était une élève appliquée et attentive, mais aujourd'hui, la neige était tombée sur Ibai. Elle avait toujours adoré la neige, depuis son plus jeune âge. Jamais elle n'avait vu les vallées enneigées ni le grand glacier, mais on lui narrait souvent ces beautés. Alors, afin de félicité l'assiduité de la future héritière du trône, en ce jour blanc, les leçons avaient étés annulées et elle était autorisé à jouer toute la journée.

Mörwen revint finalement, dans ses mains se trouvait une tenue que Nymeria n'avait encore jamais vu. Une petite robe blanche dont les bords étaient décorés de fourrure, en pantalon en laine aussi blanc que neige et des petites bottes fourrées. Les yeux de Nymeria se mirent instantanément à briller. « C'est un cadeau que je voulais te faire depuis longtemps » lui intima sa nourrice. « Aujourd'hui, tu vas enfin pouvoir la porter. Normalement, c'est résistant, et tu ne devrais pas devenir toute bleue à cause du froid. » La princesse eut soudain l'image d'elle, en bleue. Ses cheveux, ses mains, ses ongles, son visage et ses lèvres. Elle ne put empêcher une grimace quant à cette image et remercia de nouveau sa nourrice.

Une fois la tenue enfilée, Nymeria tourna sur elle-même, plusieurs fois, regardant comment sa robe tournait avec elle. Celle-ci lui allait à merveille, on aurait pas pu la rendre plus heureuse. « Je peux y aller maintenant ? » demanda-t-elle de sa voix enfantine et joyeuse. « Bientôt ma princesse... » Mörwen fouillant dans les tiroirs. Son visage s'éclaira d'un coup et elle en sortit un petit diadème en argent très souple. Il était décorée d'arabesques et de petits flocons de neige, assortis aux broches que la princesse portaient déjà dans ses cheveux. Nymeria s'agenouilla en voyant sa nourrice revenir avec, comme le protocole le voulait. Elle lui déposa délicatement, coinçant quelques mèches de cheveux dans les branches du diadème afin que celui-ci ne glisse pas. « Une dernière chose. » Sans attendre de réponse, la vieille femme alla chercher une petite cape assortie à la tenue et des gants. « Vous voilà parez pour une expédition enneigé ! » intima-t-elle avec autant de joie de vivre que la petite princesse.

Celle-ci ne cessait de se regarder, elle tournait de nouveau sur elle-même, regardait ses gants et ses chaussures. Sa cape était chaude et réconfortant, son diadème lui sciait à merveille. « Merci encore Mörwen. A toute à l'heure ! » Une dernière embrassade, et elle sortit de ses appartements en sautillant. Les gardes qui tenaient la porte semblèrent fondre devant la petite princesse et son allure. Elle était adorable, personne ne pouvait dire le contraire. Elle courrait presque tant elle avait hâte de quitter l'aille du château qui la séparait des jardins. Au bout d'un long couloir, elle rencontra son père, le Roi. Celui-ci ouvrit ses bras quand il vit sa fille arriver au loin et Nymeria sauta d'un bond pour s'y recueillir. Une fois qu'elle eut regagner la terre ferme, ou du moins, les pierres qui couvraient le couloir, elle fit une révérence devant les gardes et son père. Ils la lui rendirent, un sourire attendrit. « Avez-vous vu, Père ? » Elle tourna sur elle-même, lui conseillant ainsi d'observer sa nouvelle tenue. « Elle te va à ravir. »

Lui aussi, semblait paré pour une expédition dans la neige. Il portait des vêtements chauds et une lourde cape fourrée. Nymeria adorait s'enfouir sous celle-ci. Elle se sentait comme dans une cabane tant elle paraissait grande face à son petit gabarie. « Et les leçons alors ? » demanda-t-il, reprenant un instant son sérieux. La princesse fit de même, prenant soin de regarder bien dans les yeux Andar qui paraissait immense. « Elles ont étés annulées. On m'autorise à m'amuser dans la neige aujourd'hui » ses yeux se remirent à briller « les leçons reprendront demain avec autant de sérieux, Père. » Il lui sourit tendrement, posant un genoux à terre pour être à la hauteur de sa petite princesse. « Veux-tu que je vienne jouer avec toi un moment ? » Pour toute réponse, Nymeria lui décrocha son plus beau sourire.

Ils prirent donc ensemble, mains dans la mains, la direction des jardins. Ceux là n'avaient pas encore été déblayés, sur ordre du roi. On pouvait cependant distingué quelques peu, les parterres de fleurs. Les chaussures de la princesse marchant dans la neige faisait ce bruit si particulier que la neige faisait lorsqu'on la faisait craquer sous son poids. Elle adorait ce bruit. Elle adorait cette vison. Elle adorait tout. Elle adorait la neige. Jamais elle n'était aussi heureuse et excitée que lorsqu'il neigeait autant. Andar usa de ses dons afin de créer de jolies arabesques de neige et de glace, Nymeria ne le quittait pas des yeux, émerveillée. Mais une fois la surprise et l’allégresse passée, son envie de jouer reprit le dessus. Elle se pencha discrètement afin de prendre de la neige dans sa main, dans son dos, elle roulait celle-ci afin de créer une boule et, sans attendre que son père n'y soit préparé, elle la lui lança.

Andar lui lança un premier regard surpris mais ne tarda pas à faire de même. Une bataille arrangée s'entama entre eux. Les boules volaient et explosaient un peu partout. Parfois sur eux, parfois sur les fleurs, parfois sur les murs. La princesse riait d'un son cristallin. Il n'y avait rien ici qui puisse gâché ce beau moment de tendresse et d'amour entre un père et sa fille. Cependant, celui-ci finit par s'avouer vaincu. Le travail ne pouvait être repoussé plus longtemps, il dû quitter son enfant, embrassant celle-ci du bout des lèvres sur son front froid.

Nymeria s'allongea dans la neige et regarda le ciel. Les flocons lui tombaient sur le visage, parfois, elle ouvrait la bouche pour tenter d'en avaler. Tout était calme. C'était si beau qu'elle en avait presque les larmes aux yeux. La neige craqua non loin de la princesse, celle-ci se redressa, restant pour autant assise au sol. Elle crut reconnaître au loin, la silhouette de son ami le plus cher. Elle fit de grands signes de mains « Brehn ! Viens jouer avec moi ! Brehn ! »

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MessageSujet: Re: Let it snow || Brehn   Mar 17 Oct - 23:06

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Les meubles autour d'elle semblaient disproportionnés. Nymeria était assise sur un grand fauteuil aux teintes bleues et or, ses pieds ne touchaient pas le sol. La petite princesse les balançaient en rythme régulier, observant son regard dans le miroir. Ses joues étaient rondes et rosées, une domestiques coiffait tendrement sa tignasse argenté, Nymeria ne tenait plus en place, elle avait tant hâte d'aller courir dehors ! « Il neige ! » répétait-elle incessamment. « S'il te plais, vite, il neige ! Je ne veux pas qu'elle disparaisse, je veux aller jouer dans la neige ! » La domestique ne put s'empêcher de sourire face à cette enfant qui débordait de joie de vivre. « Bientôt Princesse. » Elle s'attela plus efficacement à tresser les boucles blondes et rebelles de Nymeria, créant deux grosses tresses de chaque côtés de son visage, elle vint enrouler chacune d'elles afin d'en faire des chignons. La princesse ne quittait pas des yeux son visage, elle observait avec beaucoup de soin et d'attention, les gestes effectués. Elle voulait être capable de les refaire.

Une dernière broche installée dans ses cheveux, et voilà qu'elle était coiffée. La petite Nymeria toucha délicatement sa nouvelle coiffure : au centre de chaque chignon se trouvait une petite broche en forme de flocon de neige. C'était visiblement un choix de sa domestique. La princesse se leva, les pieds sur l'assise du fauteuil et vint embrasser avec autant d'amour qu'une enfant de 8 ans puisse donner, celle qui s'était occupée d'elle. « Merci » lui intima-t-elle « c'est très beau. » Elle lui sourit, son visage d'ange semblait s'illuminer à chaque mouvement de lèvres. « Tu en voudrais des comme ça ? » elle montra les broches du doigts. Un peu gênée, la domestiques qui était âgée d'une soixantaines d'années lui fit signe que oui. Croisant ses deux mains, plaquée sous son menton sans jamais se détacher de son sourire elle lui déclara « Je t'en ferait fabriquer alors ! Va te reposer, moi je vais jouuuuer ! » et pour ponctuer son geste, elle sauta du fauteuil, atterrissant agilement sur ses pieds sous le regard attentif quoi qu'un peu inquiet de sa nourrice et domestique.

La petite princesse s'apprêtait à quitter sa chambre quand Mörwen, la domestique, l'interrompu d'un raclement de gorge. Nymeria se retourna vers elle, les sourcils froncés. « Que se passe-t-il ? » Mörwen était la nourrice de Nymeria depuis sa naissance. Elle l'avait vu grandir, sourire et pleurer. Entre la femme âgée et la petite fille, un lien indescriptible s'était formé. La princesse aimait sa nourrice à la folie et il en était sans aucun doute de même pour la vieille femme. « Allez vous réellement sortir ainsi vétue ? » La petite posa les yeux sur sa tenue : elle ne portait qu'un peignoir en soie dont les manches étaient bien trop grand ainsi que des chaussons fourrés. Nymeria éclata de rire avant de retourner se fourrer dans les bras de sa nourrice. « Heureusement que tu es là Mörwen. »

La vieille femme acquiesça d'un sourire amusé, elle indiqua d'un signe de tête à sa princesse d'aller s'asseoir sur son lit à baldaquin, démesurément grand par rapport à la petite fille. Celle-ci s'y installa, toujours excitée comme une puce. Elle avait dû sauter pour atteindre son matelas, son marche pied avait été rangé, mais de toute manière, Nymeria trouvait celui bien plus drôle de sauter. Elle était à l'âge où presque tout lui était permit. Évidemment, elle avait des cours tous les jours et la petite princesse était une élève appliquée et attentive, mais aujourd'hui, la neige était tombée sur Ibai. Elle avait toujours adoré la neige, depuis son plus jeune âge. Jamais elle n'avait vu les vallées enneigées ni le grand glacier, mais on lui narrait souvent ces beautés. Alors, afin de félicité l'assiduité de la future héritière du trône, en ce jour blanc, les leçons avaient étés annulées et elle était autorisé à jouer toute la journée.

Mörwen revint finalement, dans ses mains se trouvait une tenue que Nymeria n'avait encore jamais vu. Une petite robe blanche dont les bords étaient décorés de fourrure, en pantalon en laine aussi blanc que neige et des petites bottes fourrées. Les yeux de Nymeria se mirent instantanément à briller. « C'est un cadeau que je voulais te faire depuis longtemps » lui intima sa nourrice. « Aujourd'hui, tu vas enfin pouvoir la porter. Normalement, c'est résistant, et tu ne devrais pas devenir toute bleue à cause du froid. » La princesse eut soudain l'image d'elle, en bleue. Ses cheveux, ses mains, ses ongles, son visage et ses lèvres. Elle ne put empêcher une grimace quant à cette image et remercia de nouveau sa nourrice.

Une fois la tenue enfilée, Nymeria tourna sur elle-même, plusieurs fois, regardant comment sa robe tournait avec elle. Celle-ci lui allait à merveille, on aurait pas pu la rendre plus heureuse. « Je peux y aller maintenant ? » demanda-t-elle de sa voix enfantine et joyeuse. « Bientôt ma princesse... » Mörwen fouillant dans les tiroirs. Son visage s'éclaira d'un coup et elle en sortit un petit diadème en argent très souple. Il était décorée d'arabesques et de petits flocons de neige, assortis aux broches que la princesse portaient déjà dans ses cheveux. Nymeria s'agenouilla en voyant sa nourrice revenir avec, comme le protocole le voulait. Elle lui déposa délicatement, coinçant quelques mèches de cheveux dans les branches du diadème afin que celui-ci ne glisse pas. « Une dernière chose. » Sans attendre de réponse, la vieille femme alla chercher une petite cape assortie à la tenue et des gants. « Vous voilà parez pour une expédition enneigé ! » intima-t-elle avec autant de joie de vivre que la petite princesse.

Celle-ci ne cessait de se regarder, elle tournait de nouveau sur elle-même, regardait ses gants et ses chaussures. Sa cape était chaude et réconfortant, son diadème lui sciait à merveille. « Merci encore Mörwen. A toute à l'heure ! » Une dernière embrassade, et elle sortit de ses appartements en sautillant. Les gardes qui tenaient la porte semblèrent fondre devant la petite princesse et son allure. Elle était adorable, personne ne pouvait dire le contraire. Elle courrait presque tant elle avait hâte de quitter l'aille du château qui la séparait des jardins. Au bout d'un long couloir, elle rencontra son père, le Roi. Celui-ci ouvrit ses bras quand il vit sa fille arriver au loin et Nymeria sauta d'un bond pour s'y recueillir. Une fois qu'elle eut regagner la terre ferme, ou du moins, les pierres qui couvraient le couloir, elle fit une révérence devant les gardes et son père. Ils la lui rendirent, un sourire attendrit. « Avez-vous vu, Père ? » Elle tourna sur elle-même, lui conseillant ainsi d'observer sa nouvelle tenue. « Elle te va à ravir. »

Lui aussi, semblait paré pour une expédition dans la neige. Il portait des vêtements chauds et une lourde cape fourrée. Nymeria adorait s'enfouir sous celle-ci. Elle se sentait comme dans une cabane tant elle paraissait grande face à son petit gabarie. « Et les leçons alors ? » demanda-t-il, reprenant un instant son sérieux. La princesse fit de même, prenant soin de regarder bien dans les yeux Andar qui paraissait immense. « Elles ont étés annulées. On m'autorise à m'amuser dans la neige aujourd'hui » ses yeux se remirent à briller « les leçons reprendront demain avec autant de sérieux, Père. » Il lui sourit tendrement, posant un genoux à terre pour être à la hauteur de sa petite princesse. « Veux-tu que je vienne jouer avec toi un moment ? » Pour toute réponse, Nymeria lui décrocha son plus beau sourire.

Ils prirent donc ensemble, mains dans la mains, la direction des jardins. Ceux là n'avaient pas encore été déblayés, sur ordre du roi. On pouvait cependant distingué quelques peu, les parterres de fleurs. Les chaussures de la princesse marchant dans la neige faisait ce bruit si particulier que la neige faisait lorsqu'on la faisait craquer sous son poids. Elle adorait ce bruit. Elle adorait cette vison. Elle adorait tout. Elle adorait la neige. Jamais elle n'était aussi heureuse et excitée que lorsqu'il neigeait autant. Andar usa de ses dons afin de créer de jolies arabesques de neige et de glace, Nymeria ne le quittait pas des yeux, émerveillée. Mais une fois la surprise et l’allégresse passée, son envie de jouer reprit le dessus. Elle se pencha discrètement afin de prendre de la neige dans sa main, dans son dos, elle roulait celle-ci afin de créer une boule et, sans attendre que son père n'y soit préparé, elle la lui lança.

Andar lui lança un premier regard surpris mais ne tarda pas à faire de même. Une bataille arrangée s'entama entre eux. Les boules volaient et explosaient un peu partout. Parfois sur eux, parfois sur les fleurs, parfois sur les murs. La princesse riait d'un son cristallin. Il n'y avait rien ici qui puisse gâché ce beau moment de tendresse et d'amour entre un père et sa fille. Cependant, celui-ci finit par s'avouer vaincu. Le travail ne pouvait être repoussé plus longtemps, il dû quitter son enfant, embrassant celle-ci du bout des lèvres sur son front froid.

Nymeria s'allongea dans la neige et regarda le ciel. Les flocons lui tombaient sur le visage, parfois, elle ouvrait la bouche pour tenter d'en avaler. Tout était calme. C'était si beau qu'elle en avait presque les larmes aux yeux. La neige craqua non loin de la princesse, celle-ci se redressa, restant pour autant assise au sol. Elle crut reconnaître au loin, la silhouette de son ami le plus cher. Elle fit de grands signes de mains « Brehn ! Viens jouer avec moi ! Brehn ! »

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MessageSujet: Re: Let it snow || Brehn   Mar 17 Oct - 23:06

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« Mais ça va pas ! » cria Brehn, surprit par le tour que venait de lui jouer Nymeria. Celle-ci éclata d'un rire cristallin qui résonna dans tout les jardins. Elle était si heureuse, entourée par le doux manteau blanc de l'hiver, si heureuse d'être en la présence de cet ami qui lui était très cher. Elle courrait, sautillait, volait, les bras chargés de boules de neige, tentant de s'éloigner toujours plus de son camarade de jeu qui n'allait pas mettre tant de temps à la rattraper. Ses enjambées étaient plus grandes que celles de la petites princesse, elle qui était encore si petite pour son âge. Elle observa rapidement le ciel, elle se sentait minuscule dans ces vastes jardins, dans cette région, dans ce monde. Si petite, si fragile. Pourtant, elle, elle se sentait forte. Toujours un peu plus chaque jour. Elle sentait une force s'inviter en elle, un pouvoir de persuasion, un pouvoir de bonté. Elle sera une bonne souveraine, elle le savait, elle le sentait. Elle n'avait pas peur. Pas un instant. Elle prendra le pouvoir, quitte à perdre ce qu'elle aimait. Elle sera avant tout la Princesse Nymeria Drogon, future régente de Vainui. Rien, ni l'amour, ni l'amitié, ni la tristesse, n'aurait pu la pousser à renoncer, à cet instant là. Elle était sûre d'elle : régner, c'est ce qu'elle voulait. Aider les autres, aider son peuple, parce que c'est ainsi que les dirigeant appellent leurs sujets. Elle avait tant à apprendre et si peu de temps devant elle. Régner, ce n'était pas quelque chose de facile. Andar, son père, n'était pas souvent présent, très prit par ses réunions et autres devoirs de Roi. Mais Mörwen, lui ferait la leçon. Elle savait tout. Cette vieille dame aux traits fatigués connaissait le monde comme si elle l'avait créé. La petite princesse y voyait parfois l'incarnation de la déesse Glöre, même si personne ne lui avait jamais vraiment décrit Glöre.

Détachant sur regard du ciel, elle vit que Brehn passait une main sur son visage afin d'ôter la neige qui s'y trouvait. « Tu ne perds rien pour attendre ! [». Son ton était déterminé, et amusé à la fois. Un instant, Nymeria s'était demandé s'il avait vraiment envie de jouer. Elle oubliait parfois qu'il était plus âgé qu'elle, que 6 années les séparaient et peut-être, n'avait-il plus envie de jouer à ces jeux d'enfants avec elle ? La petite princesse ne savait honnête, mais elle savait aussi que jamais, il n'oserait dire quoi que ce soit qui blesserait Nymeria. De ce fait, il préférait se taire au lieu de parfois, simplement, dire que quelque chose l'embêtait. Mais avait-elle réellement envie qu'il grandisse ? Pouvait-elle le laisser partir vers le monde des adultes alors qu'elle, elle en était si loin ? L'an suivant, Brehn allait passer sa cérémonie. S'il n'était pas bénie par Glöre, il ne pourra rester à Vainui. Il sera contraint de partir, de laisser sa famille, de laisser Nymeria. Le cœur de l'enfant se serra en pensant à cette possibilité. Et si on lui enlevait Brehn ? Pouvait-elle s'imposer face aux règles des dieux ? Face à la division des éléments ? Qu'il soit eau, terre, feu ou air, Brehn restera Brehn. Elle ne voulait pas qu'il parte. Elle ne le voulait pas...

Une boule de neige atterrie dans ses cheveux, le froid se glissa jusque dans sa nuque, faisant frissonner la princesse de la tête aux pieds. Brehn l'avait rattrapé, il chargeait sur elle à une vitesse remarquable. Esquissant un faux sourire, toujours perturbée par ses dernières pensées, Nymeria se mit à courir, tentant de se cacher tantôt derrière un arbuste, tantôt derrière un mur. Elle avait lâcher ses boules de neige, elle était à nue, il fallait vite qu'elle trouve un endroit où refaire des munition. Tentant le tout pour le tout, elle se cacha dans un parterre d'arbustes. Pour sur, Brehn n'irait pas la chercher ici. Lui, il ne pouvait pas se permettre de marcher dans les fleurs et de les écraser, sous peine d'être contrait à devoir les replanter. S'excusant doucement auprès de ces mesdames les fleurs, elle malaxa de nouveau la neige. Une fois ses minutions prêtes, elle sortit en furie de sa cachette, voulant prendre Brehn par surprise. Mais celui-ci avait disparut, elle ne le voyait plus. Nymeria resta immobile un instant. « Brehn ? » était-il parti ? Les larmes lui montaient aux yeux alors qu'elle lâchait ses boules de neige. Brehn était parti. Brehn l'avait abandonné. La tête lui tournait, ses mains tremblaient. Le froid semblait s'engouffrer en elle comme si elle était percée de partout. Elle se sentait soudain si seule dans ces grands jardins. Elle n'avait personne à part Brehn. Et il était parti.

Puis soudain, sortant de nul part, il lui lança plusieurs boules de neige, la poussant à reculer, elle se trouva coincée entre Brehn, son assaillant et un gros arbre. Sans qu'elle n'y puisse rien faire, il la souleva doucement. Nymeria se débattit « Lâche moi ! Lâche moi c'est pas fini ! » criait-elle, mais, la douce voix de son ami vint calmer ses ardeurs tandis qu'il déclarait tout sourire sa victoire. Il la reposa doucement au sol. « tu sais quel arbre c'est ? » Nymeria leva instantanément la tête, tentant d’analyser le feuillage qui les surplombait. Mais elle n'en savait rien. Elle n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que son ami secoua les branches et qu'une pluie de neige vint s'abattre sur les cheveux de Nymeria. Ils étaient si blanc qu'on lui confondaient facilement avec la neige. La petite princesse lui fit une mine boudeuse, secouant la tête pour enlever cette nouvelle coiffe puis, les yeux baissés, vint se réfugier dans les bras de Brehn, encore tremblante et secouée par cette impression d'abandon qu'elle avait eut précédemment. « Tu me laissera jamais Brehn ? Jamais ? » elle secoua de nouveau la tête, les larmes revenaient, elle les ravala. « Même si tu n'es pas béni par Glöre, tu ne me quittera pas, n'est-ce pas ? Tu ne me laissera pas toute seule ici ? » elle releva le visage, prit les mains de son ami dans les siennes, si petites. « J'ai besoin de toi, moi. Pour grandir, pour devenir une adulte, une vraie. J'ai besoin de toi à mes côtés. »

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MessageSujet: Re: Let it snow || Brehn   Mar 17 Oct - 23:07

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Secouée, toujours, par cette impression d'abandon, la petite princesse restait fébrile. Les larmes à ses yeux continuaient de vouloir rouler sur ses joues arrondies alors qu'elle les retenaient. Brehn la portait à bout de bras ce qui permit à Nymeria de plonger son regard dans les yeux bleus de son ami. Il n'y avait personne avec de pareils yeux, personne qui n'ait le même regarde que lui à cet instant. Doux, protecteur et chaleureux. Son cœur s'était tant serrer au moment où elle avait cru qu'il était partit, qu'elle en avait encore mal. Sa poitrine battait fort, ses battements résonnaient dans ses oreilles. Elle était étonné d'à quel point cela la chamboulait. Cette peur de l'abandon, due à une mère partie trop tôt, à un père aimant mais absent. Qui restait toujours la princesse ? Morwen. Et Brehn. Ils étaient ses piliers, ses deux meilleurs amis. Si l’un d'eux venait à disparaître, elle ne s'en remettrait pas. Brehn lui intima qu'il resterait toujours prés d'elle, mais la petite princesse n'était pas dupe. S'il n'était pas béni par Glore, il devrait s'en aller.

« J'ai aussi besoin de toi, notre peuple a besoin de toi, et je te servirai à jamais. Parce que tu es ma souveraine... mais aussi mon amie. » La petite avait de nouveau les pieds sur le sol. Un nouveau sourire vint naître sur son visage, si bien que les larmes s'en allèrent. Brehn déposa un doux baiser sur son front ce qui fit rougir d'émotion les joues de la princesse. Elle allait devenir Reine, être la protectrice de son peuple, diriger les armées. Tel était son destin et Nymeria l'acceptait déjà du haut de ses 8 années. Ce moment de tendresse lui réchauffait doucement le cœur, mais la voix d'une domestique au loin vint troubler cet instant. «Princesse ! Il est temps de rentrer !» Nymeria soupira, elle n'avait pas envie de rentrer, pas envie de quitter Brehn. Elle releva les yeux vers son ami qui était sans doute du même avis, cependant, avec de doux mots, il appuya les propos de la domestique. « Va la rejoindre, je suis sûr que tu vas faire des superbes choses, et puis on aura l'occasion de se revoir plus tard, hein ? » Ils s'enlacèrent un moment, si bien la neige commençait à former une couverture pure, humide et froide autour d'eux. La petite princesse se détacha de son ami à contre cœur. Un denier regard vers celui-ci, elle lui fit une jolie révérence avant de partir. « A bientôt Brehn ! Merci pour avoir joué avec moi ».

Elle s'enfonça dans la neige, retournant vers le palais, si bien que Brehn disparu complètement du paysage. La domestique qui avait appelé la princesse était toujours là, elle semblait frigorifié, vêtue d'une cape bien légère pour de telles températures. Elle avait le visage fermé, les yeux baissés. Nymeria fronça les sourcils, cette attitude n'était pas habituelle. D'habitude, les autres étaient joyeux autour d'elle, quand ils la voyaient, ils souriaient toujours. « Princesse... » reprit-elle doucement tout en guidant sa souveraine vers l'intérieur du palais. « Je... » visiblement mal à l'aise, elle ne réussait pas à formuler ses pensées. La petite princesse posa doucement sa main sur le bras de la domestique, inquiète à présent. « Que se passe-t-il ? » murmura-t-elle, « nous n'allons pas dîner ? » Devant l'innocence de l'enfant, la domestique sourit et posa sa main sur celle de Nymeria. « Si, princesse. Allons dîner. »

Le reste du trajet se fit en silence, mais Nymeria avait bien conscience de la tension qui émanait de cette demoiselle. Le palais était étrangement calme et silencieux, les gardes détournaient le regard quand la petite princesse passait. Elle ne comprenait pas, mais cette ambiance était lourde et pesante. Presque angoissante. Oppressante. Quelque chose était arrivé, mais quoi ? A qui ? Elle ne comprenait pas et n'osait pas poser de question. Elle suivait sagement sa domestique, en silence mais remarqua cependant qu'elle ne la menait pas dans la salle de dîner. Elles s’engouffrèrent toutes les deux dans l'aile du château où les domestiques vivaient. Tout cela était bien étrange, il n'y avait toujours aucun bruit. Bientôt, la domestique s'arrêta, les yeux baissé devant une large porte. Les appartements de Morwën, se souvint la princesse. « Je... Vous... Votre père vous attends à l'intérieur. » Andar, dans les appartements de Morwën ? Son éducatrice, domestique, amie, nourrice, seconde maman ? Pourquoi ? Nymeria jeta un regard interrogateur à sa domestique mais celle-ci l'ignora, fixant intensément ses pieds. La princesse soupira, sentant l’appréhension monter en elle. Elle frappa doucement à la porte et l'ouvrit « Père ? » lança-t-elle, d'une petite voix. Il était bien présent, en effet. Dans le coin de la pièce, les bras croisé dans le dos, le visage fermé. Quand il vit apparaître sa fille, Andar dessina un sourire triste sur son visage et ouvrit ses bras pour que Nymeria vienne s'y réfugier. Ce qu'elle fit. Une fois en hauteur, dominant la pièce, elle l'observant sans dire un mot. Les autres domestiques étaient là, autour du lit de Morwën. Elles avaient toutes le visage fermé, certaines semblaient sangloter. Le cœur de la princesse se serra alors qu'elle comprenait enfin. Elle jeta un regard ahurit à son père, ses yeux s'embuèrent de nouveau. « Père ? Qu'est-ce que... Est-ce que Morwën... ? » « Elle nous a quitté. » dit-il simplement, reposant l'enfant au sol.

Morwën était partie. Morwën l'avait quittée, elle, sa petite princesse. Elle fronça les sourcils alors que déjà, de grosses larmes roulaient sur ses joues. Elle semblait aller si bien ce matin ! La princesse toucha doucement les petits chignons qu'elle lui avait confectionner et cette tenue qu'elle lui avait offerte. Les domestiques s'éloignèrent du lit pour laisser la princesse s'en approcher. Elle sauta sur celui-ci, se positionnant aux côté du corps froid de sa nourrice. Celle-ci semblait paisiblement endormie, ses traits tirés ne l'étaient plus, elle semblait en paix. Le cœur de Nymeria se brisa en des millions d'éclat de glace. Elle ne retenait plus ses larmes, posant sa main sur celle de sa nourrice. « Morwën non!Non !! » cria-t-elle finalement. « Tu n'as pas le droit ! Ne me quittes pas ! Morwën ! » Baissant la tête, posant celle-ci sur la poitrine de la défunte, elle sentit l'une des broches d'acier dans ses cheveux s'enlever. Elle essuya d'un main ferme ses larmes et prit la broche entre ses doigts, ce matin même, elle lui avait promit de lui en faire fabriquer. Nymeria déposa doucement, d'une main tremblante, le bijou dans les cheveux grisonnant de sa nourrice. « Qui va me faire la leçon si tu n'es plus là.. ? » elle était si perdue qu'elle ne faisait plus attention aux personnes autour, peut-être étaient-ils tous parti, peut-être la regardaient-ils tous. Elle n'en avait cure. Nymeria était là, à côté du corps de cette vieille dame qu'elle aimait tant, seule face à la douleur qui créait un immense vide au fond de son petit cœur.


° ° °

La princesse rouvrit doucement les yeux, elle s'était perdue dans ses souvenirs. Nymeria était dans le fiacre qui menait Andar, Danis et elle-même aux obsèques d'Orsian Tenkhar. Elle n'avait pas eut l'occasion de voir beaucoup d'enterrement, mais l'idée de, de nouveau affronter la mort de cette façon, lui avait rappelé Morwën, cette nourrice qu'elle avait tant adoré. Elle s'en était allée sous la plus belle tempête de neige de la princesse de Vainui ait vu.

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